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Ouattara octroie un permis d’exploitation de bauxite au businessman Moumouni Bictogo

Par Jeune Afrique

Image d'archive. Vue des installations du port industriel de Kamsar, en Guinée. © www.cbg-guinee.com

Longtemps engagé dans le négoce, le businessman ivoirien Moumouni Bictogo met aujourd'hui entre parenthèses sa société African Trade Co (ATC) pour se concentrer sur les seules activités minières de son entité Lagune Exploration Afrique (LEA).

Celle-ci vient de décrocher un permis minier pour exploiter la bauxite de Bongouanou, dans le centre-est de la Cote d’ivoire, après la signature d’un décret par le président Alassane Outtara la semaine dernière.

L’octroi du précieux titre, d’une durée de vingt ans, ouvre considérablement les perspectives pour LEA, en matière de capacité de levées de fonds et de visibilité sur la scène minière du pays, où il n’existe encore aucune mine de bauxite. LEA, qui va créer une société d’exploitation dédiée au projet, cible un investissement total de 204 milliards de F CFA (311 millions d’euros). À cette fin, Moumouni Bictogo compte ouvrir le capital de la société en question et recourir aussi à des prêts bancaires. Le financement devrait être bouclé en janvier 2017.

Le projet, dans lequel trois millions de dollars de travaux de recherches et d’études ont déjà été investis, cible la mise en valeur d’une ressource de 50 millions de tonnes de minerai d’une teneur allant de 46 % à 52 % de bauxite.

Installations industrielles

LEA compte construire une usine intégrée de calcination avec l’appui technique du groupe indien Murugappa avec lequel il a signé un accord cadre il y a un an. Murugappa se positionne également comme acheteur de la future production via le terminal de Sea Invest à Abidjan. La production ciblée la première année est de 180 000 t, puis de 315 000 t à partir de la deuxième année. Le déploiement de fours à calcination va permettre d’augmenter la concentration de la bauxite à 85 %, mieux valorisée sur le marché international.
La tonne de bauxite brute se règle 60 dollars par tonne ($/t), tandis que la bauxite enrichie s’échange contre 200 à 300 $/t. Un enrichissement à 99 % grâce à l’installation d’une raffinerie d’alumine dans un troisième temps n’est pas exlu, quoique cela nécessitera un approvisionnement énergétique important. Les fours à calcination seront alimentés entre autres par des groupes électrogène.

Moumouni Bictogo a fondé LEA avec son frère Salif Bictogo en avril 2012. Au delà de son incursion dans les mines, l’homme d’affaires touche à tout était jusqu’à présent connu en Cote d’Ivoire pour ses activités d’achat et de vente, via ATC, de noix de cajou. Il fut d’ailleurs le président de l’Union des coopératives de cajou de Côte d’Ivoire (UCCA). Son troisième frère, Adama Bictogo, proche notamment d’Amadou Gon Coulibaly, l’influent ministre d’État et secrétaire général de la Présidence, est l’ancien ministre ivoirien de l’intégration africaine.

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