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L’argent des Africains : Zakaria, ingénieur dans le génie civil au Burkina Faso – 167 euros par mois

Zakaria Konate est un ingénieur burkinabé de 36 ans. © DR Zakaria Konate

Zakaria a 36 ans. Voilà deux ans que ce Burkinabé occupe un poste d'ingénieur en génie civil à Ouagadougou. Son salaire modeste lui laisse peu l'occasion de se faire plaisir. Avec sa femme, comptable, il doit composer chaque mois avec un budget serré. Pour ce nouvel épisode de notre série L'argent des Africains, il nous a ouvert son portefeuille.

La voix posée, Zakaria est bien décidé à nous raconter comment il mène sa vie à Ouagadougou, dans le quartier populaire de Boulmiougou. Dans la capitale, il loue un appartement deux-pièces avec sa femme et ses deux petits garçons, âgés respectivement de 6 ans et 9 mois. Une famille qu’il est heureux d’avoir construit. Car son parcours, jusqu’alors, a été pour le moins difficile. « Ça motive pour réussir dans la vie », glisse t-il.

Marcher dans les pas de son frère

Zakaria a passé son enfance dans la campagne burkinabè. Accompagné de ses parents, il dit avoir vécu dans plusieurs villages du pays. Avant de faire le grand saut. « En 2002, je suis parti habiter dans la ville de Koupéla. Là-bas, j’ai commencé des études pour devenir agent technique dans le bâtiment. J’habitais avec mon grand frère. Comme il travaillait déjà, c’est lui qui me prenait en charge financièrement. Je lui dois beaucoup. »

En 2006, il décroche enfin son diplôme. Première étape pour se lancer dans le secteur dont il rêvait. Et de marcher dans les grands pas de son grand frère, aussi. « Il est entrepreneur dans le bâtiment et vivre à ses côtés m’a permis de bien comprendre ce qui m’attendait dans mon futur professionnel ». Mais patience est de mise. Zakaria a travaillé pendant huit ans en la qualité d’agent technique. Aujourd’hui, le voilà ingénieur en génie civil. Une ascension dont il se dit « fier ».

70% du salaire destinés à la vie familiale

Mensuellement, Zakaria touche 110 000 francs CFA, soit 167 euros. Chaque dépense est importante et calibrée. Son loyer représente presque la moitié de son salaire, soit 61 euros. À cela s’ajoute la nourriture pour toute la famille (35 euros), les charges domestiques comme l’électricité (18 euros). Sans compter sa moto, son moyen de locomotion qui requiert un entretien régulier (23 euros) pour ses aller-retours entre domicile et travail. « Et pour être honnête, j’aime bien la bichonner, c’est un de mes petites plaisirs », glisse-t-il…

 

Autre poste de dépense qui compte à ses yeux : les soins médicaux (15 euros). Un ravitaillement mensuel méticuleux, au cas où. Un approvisionnement pour sa femme et ses enfants, mais aussi pour sa mère (15 euros), qui commence à être âgée. D’ailleurs, Zakaria verse de l’argent chaque mois à cette dernière. Une pension de 10 000 francs CFA qu’il lui alloue pour qu’elle puisse mieux subvenir à ses besoins. « Un juste retour des choses », assure t-il.

Arrondir des fins de mois difficiles

À côté du travail, le jeune ingénieur n’hésite pas à mettre la main à la patte pour ses amis en leur apportant son savoir-faire dans le bâtiment. En contrepartie, son aide est rémunérée. Une manière pour lui d’arrondir ses fins de mois. « Ça me fait un peu d’argent supplémentaire. Et puis j’ai ouvert une boutique de transfert d’argent dont la gérance est assurée par ma femme. Elle est comptable donc manie logiquement les chiffres. Mes petits extra sont réinvestis dans la trésorerie de la boutique pour pérenniser le commerce, explique t-il.

Mais à long terme, Zakaria souhaite monter sa propre entreprise dans le BTP. Faire comme son grand frère, en somme. Et pourquoi pas travailler ensemble à l’avenir ? « Oui, ce serait génial ! », conclut-il.

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Si vous souhaitez participer à notre série, écrivez-nous à argentdesafricains@jeuneafrique.com

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