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Art contemporain : les œuvres africaines de la collection de David Bowie mises aux enchères

Peinture de la collection de David Bowie, le 1er novembre, Londres. © Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA

Le chanteur britannique décédé le 10 janvier 2016 avait été ébloui par la création du continent lors d'une voyage en Afrique du Sud, en 1995. Les pièces de sa collection seront dispersées par Sotheby's les 10 et 11 novembre prochains.

En 1995, David Bowie se rend pour la première fois en Afrique du Sud. Le pays sort tout juste de l’apartheid et met en place différents projets pour reprendre contact avec la communauté internationale. Parmi ceux-ci, la Biennale de Johannesburg doit permettre de renouer avec le monde de la création. La rock star britannique s’y rend pour les besoins d’un article qu’il envisage d’écrire pour Modern Painters. Son intérêt pour l’Afrique n’est pas nouveau (African Night Flight, 1979), comme son goût pour la création plastique.

Présupposés sur l’altérité

Soufflé par la vitalité artistique du continent, Bowie revient enthousiaste et fait campagne pour une exposition d’art contemporain sud-africain qui coïnciderait avec Africa 95, le festival des arts africains qui doit alors se tenir au Royaume-Uni. Il écrit : « Depuis la fin des années 1970, je suis ébloui par le panorama spontané et toujours renouvelé des expérimentations artistiques de ce continent. Africa95 mettra au défi, je l’espère, nos présupposés sur l’altérité et affirmera que les arts africains comptent parmi les arts les plus stimulants et les plus prometteurs d’aujourd’hui. Ils doivent être encouragés et présentés avec respect. Si nous continuons de considérer les arts extérieurs à notre expérience culturelle comme des arts pauvres, des curiosités ou des pièces d’artisanat, nous serons coupables d’une sévère injustice envers ces artistes et nous-mêmes en ressortirons appauvris. »

Icônes d’humour et de spiritualité

Grand collectionneur d’art, David Bowie n’hésita pas à mettre la main au portefeuille pour acquérir des pièces d’artistes africains. Exposées à Londres (Bowie/collector) avec de nombreuses autres œuvres de sa collection, celles-ci seront vendues aux enchères chez Sotheby’s, les 10 et 11 novembre prochain.

Parmi les 17 lots (n°278 à 294) mis aux enchères, plusieurs œuvres du Béninois Romuald Hazoumé dont Bowie disait qu’il transformait « ses trouvailles en pures icônes d’humour et de spiritualité ». Les masques-bidons Alexandra, le Saxophoniste, Miss Johannesburg et Miss Pretoria sont ainsi estimés entre 6 000 et 8 000 euros. Autre artiste représenté dans la vente, l’Angolais Antonio Olé, avec trois œuvres estimées entre 500 et 800 euros. Selon Bowie, Olé « saisit la tension entre les différentes logiques et la guerre et de la paix ». Mais la collection africaine de Bowie faisait surtout la part belle aux artistes sud-africains : on y retrouve ainsi des œuvres de Willie Bester (What hapened in the Western Cape ?), de Norman Catherine (Cat Man, Fanagolo Store), de Peter Bongani Shange (Mayibuye Head), de David Koloane (Made in South Arica), de Percy Konqobe (Prophet’s Head) et de Penny Siopis (Southafrican postcard).

Réalité kaléidoscopique

Peintre à ses heures, David Bowie ne s’est pas contenté de regarder et d’acquérir. En 1995, lorsqu’il rencontra l’artiste sud-africain Beezy Bailey pour l’interviewer, ce dernier l’invita à peindre avec lui. Il en sortirait une cinquantaine de peintures et croquis exposés à plusieurs reprises au cours des années qui suivirent. Décédé le 10 janvier 2016, Bowie avait une approche très contemporaine de la création dite « africaine » : « L’idée même d’artiste africain vous file des maux de tête, disait-il. La réalité est encore plus kaléidoscopique que ce que l’on pourrait imaginer. »

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