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Soudan du Sud : Riek Machar s’inquiète du sort de l’un de ses représentants expulsé du Kenya vers Djouba

Par Jeune Afrique avec AFP

Riek Machar, le chef de l'ex-rébellion sud-soudanaise, à Addis Abeba, la capitale éthiopienne, le 13 février 2016. © Mulugeta Ayene/AP/SIPA

L'expulsion par Nairobi de James Gatdet Dak, un représentant de Riek Machar, vers le Soudan du Sud, suscite l'inquiétude de l'opposition sud-soudanaise à un moment où plusieurs pays de la région semblent prendre leurs distances avec l'ex-chef rebelle et ancien vice-président sud-soudanais en exil.

James Gatdet Dak, un porte-parole de Riek Machar, a été arrêté mercredi 2 novembre à son domicile de Nairobi et conduit à l’aéroport, d’où il a été expulsé jeudi vers Djouba, pour être dés son arrivée placé en détention par les autorités, a assuré un porte-parole des rebelles sud-soudanais, Nyarji Roman.

Riek Machar, qui a fui son pays après les combats de juillet à Djouba, exilé à Khartoum depuis, « a immédiatement contacté les autorités kényanes », a déclaré Nyarji  Roman dans un communiqué. « Au cours d’une conversation téléphonique avec le vice-président William Ruto, il a plaidé pour que James Gatdet Dak ne soit pas expulsé vers Djouba en raison de profondes inquiétudes pour sa vie ».

Aucun détail donné sur les raisons de l’expulsion de James Gatdet Dak 

L’expulsion de James Gatdet Dak a été confirmée à l’AFP par un officiel kényan, sous couvert d’anonymat, mais aucune explication n’a été donnée sur les raisons de cette expulsion. À Djouba, le porte-parole du président Salva Kiir, Ateny Wek Ateny, a confirmé à l’AFP la présence de Gatdet au Soudan du Sud, sans fournir plus de détails.

« En agissant de concert avec le Soudan du Sud et en déportant James Gatdet Dak, le Kenya l’a exposé à des risques graves de persécution », a quant à lui réagi Gerry Simpson, chargé de la question des réfugiés à l’ONG Human Rights Watch (HRW).

Selon le porte-parole des rebelles sud-soudanais, même une intervention du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Nairobi n’a pas permis d’empêcher l’expulsion de Gatdet, qualifiée de « violation de la convention de Genève ». « Le gouvernement kényan est l’un des garants de l’accord de paix signé en 2015 et nous ne nous attendons pas à ce qu’il mette en danger la vie d’un innocent », a ajouté Roman.

Le HCR assure « suivre la situation ». « Cette personne doit voir ses droits respectés et son bien-être garanti par le gouvernement », a estimé Cécile Pouilly, une porte-parole du HCR à Genève, selon des propos rapportés par l’AFP.

Crainte pour les « travailleurs humanitaires kényans »

Dans un courrier adressé au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, le représentant de Riek Machar aux Nations unies juge que l’attitude du Kenya pourrait « mettre en danger les travailleurs humanitaires kényans » dans les zones contrôlées par les rebelles au Soudan du Sud.

Juste avant son arrestation, James Gatdet Dak s’était félicité du « changement de commandement de la force onusienne de la Minuss au Soudan du Sud », en référence au limogeage mardi par l’ONU du général kényan en charge des Casques bleus dans le pays. Pour rappel, le général Johnson Ondieki a été limogé pour sanctionner l’inaction des Casques bleus lors de violences de juillet à Djouba entre troupes gouvernementales et rebelles. Cette décision de l’ONU a rendu furieuses les autorités kényanes.

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