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Investissements : l’opération séduction de Tunis à Istanbul

Par - envoyé spécial à Istanbul

Coucher de soleil à Istanbul, avec la Mosquée Neuve (Yeni Cami) en fond, le 11 octobre 2016. © Emrah Gurel/AP/SIPA

À l’occasion du forum Afrique-Turquie, la Tunisie a pu présenter ses opportunités d’investissement dans des secteurs clés comme les infrastructures, en vue de la conférence qu’elle organisera à la fin du mois de novembre, destinée à attirer des bailleurs de fonds. Ce qui ne l'a pas empêché de plaider également pour une relation commerciale plus équilibrée avec la Sublime Porte.

Dans les couloirs du forum Afrique-Turquie ce mercredi après-midi, on s’affairait aussi côté tunisien. Alors que les 29 et 30 novembre prochains se tiendra la conférence d’appui au développement et à l’investissement Tunisia 2020 destinée à attirer des bailleurs de fonds internationaux, le forum a été pour le ministre du Commerce tunisien Zied Ladhari l’occasion de présenter les opportunités d’investissements dans son pays.

Lequel cherche à lever 60 milliards de dollars dans le cadre de son plan de développement 2016-2020 pour financer une centaine de projets. “Certains bailleurs de fonds ont confirmé leur disposition à appuyer notre démarche nouvelle”, a confirmé le ministre sans préciser si des engagements fermes avaient été pris. Si une délégation turque assistera bien à l’événement, il était cependant encore trop tôt pour révéler la mise qui sera apportée par Ankara.

Une aubaine pour les grands groupes turcs

Cependant, le ministre a mis en avant les projets dans le secteur de l’énergie, avec un accent particulier porté sur les énergies renouvelables ou la construction d’infrastructures comme le port en eau profonde d’Enfidha ou les autoroutes. Ce qui pourrait apparaître comme une aubaine pour des grands groupes turcs particulièrement opérationnels dans les domaines de la construction, de l’énergie et du textile, en quête d’implantations en Afrique.

“Ces infrastructures nouvelles nous permettront de devenir une plateforme logistique et d’agir en triangulation avec les Turcs vers l’Afrique”, ajoute pour sa part Kais Khanfir, directeur général de BMK, une entreprise spécialisée en importation de produits chimiques et membre du Conseil d’affaires tuniso-turc.

Déséquilibre commercial

Ceci dit, il y a encore beaucoup à faire pour rattraper le déséquilibre commercial entre les deux pays. “Les Turcs exportent beaucoup plus en Tunisie que les Tunisiens en sens inverse” [les exports turcs en Afrique du Nord se sont établis à 638 millions de dollars en 2015, contre 194 millions de dollars d’imports, ndlr], souligne Kaïs Khanfir qui voit en retour beaucoup d’avantages au renforcement des relations tuniso-turques.

“La Turquie peut fournir des produits de qualité européenne avec des prix qui se rapprochent de ceux des chinois, de plus une marchandise mettra trois fois moins de temps pour atteindre la Turquie que la Chine. La Turquie peut se positionner entre la Chine et l’Europe”.

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