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Air Mauritius : incompréhension autour du limogeage de Megh Pillay

Par - à Port-Louis (Maurice)

Vue d'un prototype de l'Airbus A350-900 qui doit rejoindre la flotte d'Air Mauritius. © www.airmauritius.com

Appelé à la rescousse d’Air Mauritius, en mars dernier, Megh Pillay, directeur général du transporteur national, a été limogé, vendredi 28 octobre. Un renvoi inattendu qui suscite l'incompréhension.

Huit mois à peine après son retour à la tête de Air Mauritius, Megh Pillay vient d’être limogé de son poste de directeur général. La décision a été prise le vendredi 28 octobre, à l’issue d’un conseil d’administration express qui a décidé de « résilier (…) avec effet immédiat » le contrat du manager mauricien, qui avait déjà été directeur général du transporteur national entre fin 2003 et fin 2005.

Les raisons du départ de Megh Pillay – dont le contrat courait jusqu’en 2019 – sont difficiles à identifier. Le communiqué d’Air Mauritius reste muet sur ce point. Intervenant sur les ondes de Radio Plus, la première chaîne locale d’information, Megh Pillay a évoqué « une profonde divergence de vues » avec le président d’Air Mauritius Arjoon Suddhoo – les deux hommes avaient déjà collaboré ensemble, durant le précédent mandat de ce dernier, achevé en 2005). « Le gouvernement a dû trancher à un moment donné », a glissé Megh Pillay, sans plus de détails. S’exprimant samedi, Arjoon Suddhoo a renchéri, indiquant qu’il s’agissait d’une « affaire de corporate gouvernance« .

Divergences

À en croire la presse mauricienne, toutefois, la décision de débarquer Megh Pillay n’a pu se faire sans l’accord du sommet de l’État, premier actionnaire d’Air Mauritius avec 44,42 % du capital.

Depuis plusieurs mois déjà, les milieux d’affaires mauriciens bruissent des divergences entre la direction générale et le conseil d’administration de la compagnie au sujet notamment de la politique de recrutement et de la stratégie commerciale, qui comprend le projet baptisé « Africa-Asia Corridor » avec l’aéroport de Changi (Singapour) comme partenaire stratégique.

Ces divergences se sont cristallisées, ces dernières semaines, autour du bras de fer engagé au sujet d’un cadre de la compagnie : Mike Seetaramadoo, vice-président exécutif du pôle commercial et cargo. Megh Pillay souhaitait, contre l’avis de son président, que ce cadre soit présenté devant un comité disciplinaire pour insubordination. Le détail des griefs contre Mike Seetaramadoo n’a pas été rendu public. Et ne le sera peut-être jamais – malgré les accusations de népotisme soulevées par une partie de la presse mauricienne – en raison de l’intervention du conseil d’administration d’Air Mauritius.

Équilibre

Megh Pillay quitte la direction du transporteur, alors que ce dernier retrouve l’équilibre : +2,1 millions d’euros de bénéfice au 2e trimestre 2016, contre une perte de -9,66 millions d’euros un an plus tôt. En attendant le recrutement d’un nouveau patron, c’est Raja Buton, vice-président exécutif en charge de la planification stratégique, qui prend les commandes d’Air Mauritius.

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