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Afrique du Sud : le rapport officiel qui accuse Jacob Zuma

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président sud-africain Jacob Zuma le 20 septembre 2016 à la tribune des Nations Unies. © Frank Franklin II/AP/SIPA

Ce document, qui devait être initialement publié le 14 octobre, porte principalement sur des soupçons d’influence de la sulfureuse famille d’hommes d’affaires indienne - les Gupta - sur le président sud-africain, au point de lui imposer la nomination de certains ministres pour favoriser leurs intérêts, ou d'user de leur influence pour décrocher des contrats gouvernementaux.

Bien que le président ait reconnu être proche de la famille Gupta, Jacob Zuma a toujours nié toute influence de leur part dans ses décisions politiques. Dans ce document de 355 pages intitulé « La Prise de contrôle de l’État », la médiatrice de la République Thuli Madonsela, chargée du bon usage des derniers publics, « porte à l’attention du parquet » et de l’unité d’élite de la police « les problèmes identifiés dans ce rapport où il semble que des crimes ont été commis ».

Interrogations sur l’ex-ministre des Finances 

La désormais ancienne médiatrice – le mandat de Thuli Madonsela a expiré mi-octobre – juge notamment inquiétant que le député David Van Rooyen se soit rendu à sept reprises chez les Gupta, y compris la veille de sa nomination surprise au ministère des Finances en décembre dernier. « Cela semble anormal compte tenu du fait qu’il était (simplement) membre du Parlement », souligne-t-elle notamment.

Pour rappel, la nomination de Van Rooyen (sans expérience ministérielle) avait provoqué la panique des marchés, plombé la devise nationale, et finalement contraint le président Zuma à faire marche-arrière. Au bout de quatre jours seulement, l’ex-ministre Pravin Gordhan, très apprécié par les marchés, avait été rappelé à ce poste.

Volte-face inattendue de Jacob Zuma 

Pendant ses sept ans de mandat, Thuli Madonsela s’est illustrée par sa détermination à lutter contre la corruption au sommet de l’État et est devenue la bête noire du président Zuma. Ce dernier – qui accumule les scandales depuis sa prise de fonction en 2009 – avait tenté de bloquer, via les tribunaux, la publication de ce rapport. Puis, dans une volte-face inattendue ce mercredi, il a renoncé à son recours devant la justice pour empêcher la publication du rapport.

Dans la foulée, la Haute Cour de Pretoria, qui était saisie de l’affaire, a ordonné la publication immédiate du document, une décision à laquelle s’est soumis le bureau de la médiatrice.

Déclaration de l’ANC attendue jeudi 

De son côté, le Congrès national africain (ANC) a annoncé qu’il examinait le rapport de la médiatrice sur l’influence qu’auraient exercée les trois hommes d’affaires de la famille Gupta dans la désignation de certains ministres. Le parti au pouvoir a précisé qu’il fera connaître jeudi sa position dans cette affaire.

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