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Journées cinématographique de Carthage : le décevant « Saint Augustin » de Samir Seif

Par - Envoyée spéciale à Tunis

Le réalisateur égyptien Samir Seif. © Capture d'écran YouTube

Aux 50e Journées cinématographique de Carthage, "Jeune Afrique" a pu visionner "Saint Augustin, le fils de ses larmes", du réalisateur égyptien Samir Seif, qui était projeté en avant-première et hors compétition. Verdict. Depuis le temps que les Maghrébins entendent parler de Saint Augustin et en réclament la paternité, l’occasion était bien belle pour en raconter la vie et le cheminement spirituel sur les terres d’Afrique.

L’aventure laissait espérer une œuvre inédite : toute la région a mis la main à la pâte et le film a été le fruit d’une coopération entre Algériens, Tunisiens, Libanais et Égyptiens. Autant dire que même la Ligue arabe n’a pas réussi une telle prouesse ! Ajoutez à cela un budget conséquent, une com très offensive et vous voici à batailler pour décrocher une place dans une salle comble, où le tout Tunis s’est donné rendez-vous, cinéphiles, intellectuels, ministres, leaders de partis, dont l’incontournable Hamma Hammami, chef du Front populaire, qu’on voit dans toutes les festivités et sur tous les terrains de tennis, ce qui fait dire qu’il finira par écorner son image de défenseur de l’ouvrier et de la ménagère au couffin vide….

Hélas ! Le film s’est avéré en dessous des espoirs. Lourd, scolaire et quasiment mal joué, il s’encombre de discours qui sonnent faux. L’intrigue qui s’efforce de faire écho avec l’époque moderne en racontant, en parallèle de l’itinéraire de Saint Augustin, celui du personnage d’un réalisateur bougon et de ses péripéties amoureuses tombe dans le cliché et le récit téléphoné. On sortira avec le souvenir de quelques séquences touristiques sur Milan ou Paris, de quelques plaidoiries savantes et si peu avec la vie brûlante et le grand enseignement laissé par le célèbre théologien chrétien né et mort en Algérie (354-430 Ap.J) et dont les Confessions demeure le livre le plus lu au monde…

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