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Mali : trois ans après l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, l’enquête au point mort

Par Jeune Afrique

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués le 2 novembre 2013 à Kidal. © AP/SIPA

Le 2 novembre 2013, les deux envoyés spéciaux de Radio France internationale dans le nord du Mali, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, étaient enlevés puis assassinés alors qu'ils couvraient l'élection législative malienne. Deux assassinats revendiqués par Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Trois ans plus tard, l’association des Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon dénonce un « silence d’État » et une enquête judiciaire au point mort en France.

« L’État sait qui les a tués et ne veut pas le dire »

« Le mystère persiste sur les raisons de leur enlèvement puis de leur exécution. Mais aujourd’hui, nous affirmons que l’État sait qui les a tués et ne veut pas le dire », affirme dans un communiqué diffusé le 1e novembre l’association. Elle en veut pour preuve deux sorties médiatiques de Paris.

La première date de mars dernier, quand le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, leur avait affirmé que Ghislaine Dupont et Claude Verlon avaient été « trahis », sans fournir davantage de précision, affirme l’association.

Quelques mois plus tard, c’était François Hollande qui évoquait le double assassinat, dans un livre écrit par des journalistes du Monde Un président ne devrait pas dire ça… : « On a le cas [Serge] Lazarevic, sans doute détenu par ceux qui ont tué les deux journalistes [Ghislaine Dupont et Claude Verlon] et qui auraient tué [Philippe] Verdon ».

Une confidence en contradiction avec la position de Paris, dénonce l’association. L’organisation souligne que la France a toujours réfuté un quelconque lien entre l’assassinat des deux envoyés spéciaux et les négociations pour obtenir la libération des otages détenus au Sahel, dont Serge Lazarevic, lui aussi enlevé au Mali, ou bien des otages d’Arlit, libérés quatre jours avant l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

« Pourquoi ce silence d’État ? »

« Il apparaît que l’Élysée et la Défense en savent beaucoup plus que ce qu’ils disent. Pourquoi ce silence d’État ? », s’interroge ainsi le communiqué des Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Si les questions sont toujours sans réponse en France malgré les documents déclassifiés par le ministre de la Défense en début d’année, l’enquête piétine également au Mali.

« La difficulté de ce dossier si regrettable, c’est qu’aujourd’hui le théâtre des opérations se situe à Kidal. Il est parfaitement difficile, et cela peut se concevoir pour un juge aujourd’hui, de se déplacer sur le terrain, de récolter des éléments de preuves, d’entendre des témoins. C’est cette situation particulière qui fait que, aujourd’hui, on a l’impression que le dossier traîne. Mais il ne traîne pas », s’est ainsi défendu le ministre malien de la Justice,  Mamadou Ismaël Konaté, interrogé au micro de RFI mercredi.

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