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Pétrole : bras de fer entre Woodside et FAR pour l’offshore sénégalais

Un bateau de forage utilisé au large du Sénégal. © Cairn Energy

L'opérateur australien Woodside annonce avoir finalisé le rachat des parts de l'américain ConocoPhillips dans un projet pétrolier au Sénégal. Une transaction estimée à 440 millions de dollars. Son compatriote FAR Limited, qui se prévaut d'un droit de pré-emption sur ces actifs, est loin de s'avouer vaincu.

Ce lundi 31 octobre, à la Bourse de Sidney, Woodside Energy a annoncé avoir finalisé le rachat des 35 % du groupe américain ConocoPhillips dans les permis d’exploration pétrolière Rufisque Offshore, Sangomar Offshore and Sangomar Offshore Profond, au large du Sénégal.

Selon le groupe australien (4,6 milliards d’euros de revenus en 2015), le prix de cette acquisition atteint 350 millions de dollars. Vont s’y ajouter 90 millions de dollars d’ajustements complémentaires, soit 10 millions de dollars de plus que le montant évoqué en juillet dernier, lors de l’accord initial avec le géant pétrolier américain (28 milliards d’euros de revenus l’an dernier).

L’annonce de juillet avait provoqué une vive réaction de la junior pétrolière australienne FAR Limited (191 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015), qui détient 15 % des permis en question et revendique un droit de préemption sur les parts de ConocoPhillips.

Contestations

Si pour le groupe dirigé par Peter Coleman (ancien d’ExxonMobil), la transaction avec ConocoPhillips est « finalisée », Far Limited, pour sa part, laisse entendre un autre son de cloche.

Ce lundi, dans un communiqué ce lundi signé par sa directrice générale, Cath Norman, FAR souligne « qu’un avis de droit de préemption valable n’a pas été délivré par [ConocoPhillips] à ses partenaires ».

Le groupe australien laisse également entendre que la vente n’a pas encore reçu l’aval des autorités de Dakar – l’État sénégalais détient 10 % du projet, à travers l’opérateur pétrolier national Petrosen. « FAR n’est pas au courant de l’émission par le gouvernement [sénégalais] d’un avis d’approbation de cette transaction », glisse le groupe australien.

La junior pétrolière indique « réserver ses droits » et se laisse ouverte l’option de « résoudre ce différend [avec ConocoPhillips] conformément à l’accord d’exploitation conjointe ».

Un potentiel de 2,7 milliards de barils

Ni Cairn Energy, premier actionnaire (40 %) et opérateur du projet pétrolier, ni le gouvernement sénégalais n’ont pour l’instant réagi à ces annonces. En août dernier, Dakar recommandait aux différentes parties concernées de rechercher une solution à l’amiable.

Le potentiel de ce projet pétrolier attise les convoitises. Mi-août, Cairn Energy a revu à la hausse les réserves du champ SNE, situé sur le bloc Sangomar Offshore Profond. Selon le groupe écossais, elles pourraient dépasser 2,7 milliards de barils.

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