« Une banque et un marché boursier sont faits pour travailler ensemble »

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Directeur général de la Société Ivoirienne de Banque, Président du Conseil d’Administration de Wafa Assurance Vie Côte d’Ivoire et Wafa Assurance Côte d’Ivoire.

Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) à Abidjan Côte d’Ivoire. Mars 2016(© Jacques Torregano pour JA © Jacques Torregano pour JA

L’introduction de la Société Ivoirienne de Banque (SIB) à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), prévue jeudi 27 octobre, consacre une nouvelle fois le dynamisme régional.

L’introduction de la Société Ivoirienne de Banque (SIB) à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), le 27 octobre, revêt une triple signification d’égale importance quant à la trajectoire économique de la Côte d’Ivoire mais aussi, plus généralement, de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

La première signification concerne la Côte d’Ivoire par la validation du marché sous-régional du choix stratégique opéré par le Président Alassane Ouattara et le gouvernement du Premier ministre Daniel Kablan Duncan de privatiser certaines sociétés publiques, au premier rang desquelles la SIB. Lorsque le Gouvernement ivoirien a annoncé sa décision de céder ses parts (à hauteur de 39%) au Groupe bancaire Attijariwafa Bank qui était déjà co-actionnaire, nous étions en mars 2015.

La SIB deviendra la 41e valeur cotée à la BRVM.

Moins de trois mois plus tard, l’accord de cession était signé au Palais de la présidence de la Côte d’Ivoire, en présence de Sa Majesté Mohammed VI et du Président Alassane Ouattara, par Kaba Nialé, alors ministre auprès du Premier ministre chargée de l’Économie et des Finances, Abdourahmane Cissé, ministre auprès du Premier ministre chargée du Budget, et Mohamed El Kettani, président d’Attijariwafa Bank. Le groupe bancaire s’engageant alors à placer 15 % du capital de la SIB à la BRVM dans un délai maximum de deux ans. L’État de Côte d’Ivoire a par la suite rajouter 5% supplémentaires ce qui a porté la part à céder via la Bourse à 20%.

Nous sommes moins de 16 mois après ! La SIB deviendra la 41e valeur cotée à la BRVM après une offre publique de vente sur 2 millions d’actions, soit 20 % du capital, menée en un temps record d’une journée, en juillet dernier, et largement sur-sursouscrite. La levée de fonds prévoyait en effet la collecte de 26 milliards de francs CFA, ce sont plus de 60 milliards de francs CFA qui ont été souscrits par la communauté des investisseurs et des épargnants sous-régionaux mobilisée par le réseau des Sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI).

Outre qu’elle confirme la justesse de l’orientation prise par les autorités ivoiriennes de privatiser les entreprises publiques en recourant au marché, mais après les avoir adossées à des partenaires stratégiques, cette appétence pour le titre SIB récompense la stratégie de croissance solide ainsi que la vision du groupe Attijariwafa Bank depuis son entrée au capital de la banque ivoirienne.

Conformément aux engagements pris par le président Mohamed El Kettani, lors du road show après l’acquisition de la SIB en janvier 2010, la SIB a regagné le podium des banques ivoiriennes avec des indicateurs qui ont doublé voire triplé pour certains. À présent, elle a retrouvé son statut de banque de référence. Elle joue également les premiers rôles en termes de résultats avec un total de bilan (747 milliards de francs CFA, soit 1,14 milliard d’euros) qui a augmenté de près de 50 % en 2015 par rapport à l’année précédente.

Une croissance véritablement inclusive, créatrice de richesses et d’emplois ; une inclusion financière plus enracinée pour favoriser la formalisation de nos économies et une optimisation de l’épargne locale ; une transformation active des dépôts de ses clients en crédits à l’économie… Telle est la feuille de route de la SIB qui peut miser avantageusement sur sa connaissance de son marché national et la force de son actionnaire de référence. Cette synergie est un puissant relais de croissance et un authentique avantage comparatif convertis en opportunité.

L’indice boursier de la BRVM a plus que doublé

Mais cette rencontre entre une banque et un marché financier ne peut être couronnée de succès que si le marché est dans de bonnes dispositions. Nous en venons à la troisième signification. L’atonie des marchés boursiers dans les pays développés où très peu d’introductions en Bourse sont opérées depuis la crise financière de 2008 tranche singulièrement avec le dynamisme et les performances de la BRVM, solidement installée dans le top 5 des Bourses africaines. Après avoir fait son entrée dans les deux indices internationaux S&P et MSCI, la BRVM a été la place « la plus performante » du continent, en 2015, avec une progression de 17,77 de son indice composite. Depuis 2010, sa capitalisation a plus que doublé à plus de 9 100 milliards de francs CFA. Parallèlement, le volume des transactions (en valeur) a été multiplié par trois répondant ainsi à la nécessité d’augmenter la profondeur et la liquidité de notre marché sous-régional.

La SIB est fière de s’inscrire dans cette trajectoire ascendante et prometteuse. Une banque et un marché boursier sont faits pour travailler ensemble. L’actionnariat populaire, l’épargne locale et les liquidités disponibles en zone UEMOA sont autant de leviers qu’il convient d’optimiser pour contribuer à la promotion d’acteurs économiques suffisamment capitalisés et disposant de fonds propres en quantité pour investir et grandir.

C’est comme cela que l’Afrique répondra à ses principaux défis du XXIe siècle (démographie et emploi, infrastructures et urbanisation, diversification économique et transformation locale). C’est comme cela que l’essor économique actuel se traduira par une authentique et durable transformation du continent.