Tunisie : Marzouki lance un mouvement pour « empêcher le retour de la dictature »

Par Jeune Afrique

Le président sortant, Moncef Marzouki. © AFP

Vingt-quatre heures après avoir reconnu la victoire à la présidentielle de Béji Caïd Essebsi, le président tunisien sortant Moncef Marzouki a annoncé mardi la création d'un mouvement visant à "empêcher le retour de la dictature".

Mis à jour à 18 heures 50

"J’annonce ici, de ce lieu, que nous lançons le mouvement du peuple de citoyens", a lancé mardi 23 décembre Moncef Marzouki du balcon de son QG de campagne devant une foule de partisans, en appelant les "démocrates" à s’y unir pour "empêcher le retour de la dictature", quatre ans après la révolution de janvier 2011. "Nous sommes de nouveau à un carrefour, a-t-il poursuivi.

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Tout au long de la campagne, Moncef Marzouki a accusé Essebsi, vétéran de la politique tunisienne qui a servi sous les régimes du premier président tunisien Habib Bouguiba et de Ben Ali, d’être un représentant de l’ancien régime.

"La nécessité de former ce mouvement, le mouvement du peuple de citoyens, (vise) d’abord à empêcher le retour de la dictature parce qu’il y a malheureusement parmi ces gens des extrémistes qui veulent ramener la Tunisie au passé, et cela peut constituer un danger pour la stabilité du pays", a-t-il affirmé.

"Ni l’argent sale ni les médias biaisés ne peuvent changer le cours de l’histoire", a martelé Marzouki, tandis que ses partisans scandaient : "Le peuple veut une nouvelle révolution."

"Organisez-vous de manière pacifique"

"Partout, organisez-vous de manière pacifique, de manière démocratique pour être la force qui repousse la dictature (…), qui lui fait peur et l’empêche de tenter de s’infiltrer et de revenir par la fenêtre alors que nous l’avons faite sortir par la porte", a-t-il ajouté.

Et Moncef Marzouki de conclure : "Je demande à tous les démocrates dont la cause est la défense des libertés, des droits et de la dignité, et non de l’aspect superficiel qu’ils appellent modernisme, qui est lié aux apparences et à la haine de l’identité arabo-musulmane, de s’unir au mouvement."

(Avec AFP)