Algérie : Amar Saadani démissionne de la direction du FLN

Proche du cercle présidentiel algérien, Amar Saadani, ancien secrétaire général du FLN, n'hésitait pas à tirer sur tous ceux que le régime voulait écarter. © Sidali Djarboud/AP/SIPA

Évoquant des raisons de santé, le chef de l'ancien parti unique a annoncé sa démission samedi. Moins belliqueux que lui, Djamel Ould Abbès, un autre proche de Bouteflika, lui succède.

En pleine réunion du comité central du FLN, samedi 22 octobre, Amar Saadani a annoncé sa démission de la présidence de l’ancien parti unique, évoquant  » des raisons de santé » et proposant à sa place l’ancien ministre Djamel Ould Abbès, actuellement membre du comité central du Front de libération nationale (FLN), qui sera chargé dorénavant de gérer les affaires du parti.

L’assistance, d’abord interloquée par l’annonce de son chef qui a déclaré partir « dans l’intérêt du parti et du pays, a été priée d’accepter le remplaçant choisi par ce dernier. Et, à la surprise générale encore, elle le fera sur le champ et dans l’euphorie, allant même jusqu’à gratifier le nouveau chef d’un plébiscite en total déphasage avec les préalables de toute élection démocratique dans un parti politique.

Le tombeur du général Toufik

Désigné secrétaire général du FLN en 2013, Amar Saadani, réputé proche de Bouteflika, a été reconduit dans son poste en 2015. Sa démission intervient quelques semaines après les critiques virulentes qu’il a adressées au général à la retraite, Mohamed Médiène, dit Toufik, le qualifiant d’ancien officier à la solde de la France. Des accusations auxquelles ce dernier n’a pas répondu. Une loi, votée récemment par le Parlement algérien, interdit aux officiers de l’armée, notamment ceux à la retraite, de s’adresser à la presse.

Était-ce la critique de trop ? Depuis 2014, l’ancien chef du FLN n’a cessé de s’attaquer à l’ancien général, fustigeant sa gestion passée à la tête du DRS, jusqu’à ce qu’il réussisse à le faire limoger de la tête de cet organisme et à obtenir la dissolution de ce dernier en septembre 2015.

Changement de cap

Même s’il a surpris nombre d’observateurs, le départ de Saadani était évoqué dans les couloirs du pouvoir depuis plusieurs mois. Engagé par Abdelaziz Bouteflika à la tête du FLN pour consolider son quatrième mandat naissant, Saadani semble avoir mené sa mission à son terme. La révision constitutionnelle, critiquée par l’opposition, a été adoptée à une très large majorité grâce à la mobilisation des députés du parti au pouvoir, et les caciques de l’appareil sécuritaire qui pouvaient déranger le président ont été écartés. 

Mais le tempérament belliqueux de Saadani, qui lui a servi à tirer à boulets rouges sur les adversaires de Bouteflika, a fini par lui attirer des ennuis. Visiblement, la présidence algérienne lui préfère désormais un autre membre du sérail, plus posé et plus enclin au dialogue. De ce point de vue, l’ancien ministre Djamel Ould Abbès semble être l’homme de la situation.