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Libye : la Banque mondiale alerte sur l’effondrement de l’économie du pays, principalement dépendante du pétrole

Par Jeune Afrique avec AFP

Travailleur libyen à la raffinerie de pétrole de Bréga, dans l'est de la Libye, le 7 septembre 2013. © Hussein Malla/AP/SIPA

Le pétrole, qui constitue 95% des revenus du pays, pénalise lourdement l'économie libyenne. L'effondrement des prix depuis le début du conflit a entraîné une hausse des prix alimentaires et fait exploser le marché parallèle.

L’économie libyenne est en train de s’effondrer, s’alarme la Banque mondiale. Les Libyens sont confrontés à une hausse des prix sans précédent et l’institution monétaire internationale fait état de perte considérable du pouvoir d’achat avec un bond des prix alimentaires de 31% au premier semestre de l’année.

Au cœur du marasme : l’or noir, qui fournit au pays plus de 95% des revenus mais dont la production a été perturbée par les conflits armés qui déchirent le pays depuis trois ans. Aujourd’hui, les champs pétroliers ne produisent qu’à un cinquième de leurs capacités, soit seulement 335 000 barils par jour en moyenne au premier semestre 2016.

Cette chute de la production, couplée à la baisse drastique des prix du brut depuis 2014, a engendré une économie engluée dans la récession depuis 2013, selon la Banque mondiale qui prévoit des niveaux historiques de déficits publics.

Tombé à zéro en 2011

Les pertes cumulées en termes de recettes pétrolières sont estimées à plus de 100 milliards de dollars (91 milliards d’euros) depuis début 2013, selon le directeur de la Compagnie nationale du pétrole (National Oil Corporation, NOC), Moustafa Sanalla.

Les revenus du secteur sont tombés à leur plus bas niveau historique, à peine 2,25 milliards de dollars pendant les sept premiers mois de l’année, toujours selon la Banque mondiale. Avant la révolution de 2011, la vente du brut rapportait 50 milliards de dollars par an à la Libye, qui produisait alors 1,6 million de barils par jour.

Presque tombée à zéro en 2011, la production de pétrole avait quasiment retrouvé son niveau d’avant-guerre en quelques mois mais elle a rechuté brusquement à partir de 2013 en raison des violences dans la région des terminaux pétroliers, dans le nord-est du pays.

Explosion du marché parallèle

La situation a récemment évolué avec la prise en septembre de ces installations par des forces loyales au maréchal controversé Khalifa Haftar, allié des autorités rivales au gouvernement d’union nationale reconnu par la communauté internationale. Le calme est rapidement revenu, permettant la reprise des exportations, une évolution qualifiée de positive par la NOC.

Mais la production ne devrait pas retrouver sa capacité maximale avant 2020, le temps de réparer les infrastructures lourdement endommagées, selon la Banque mondiale. « Il faudra du temps pour que la crise puisse être résorbée car les revenus générés par ces exportations mettront du temps à pouvoir de nouveau couvrir des dépenses publiques considérables, explique Karima Munir, une experte indépendante libyenne. Dépendre du pétrole a gravement affecté l’économie et mis les réserves à rude épreuve ».

Pour combler les déficits, les autorités puisent dans des réserves en devises qui s’amenuisent, passant de 107,6 milliards de dollars en 2013 à 43 milliards en 2016, selon la Banque mondiale. Restrictions de change et spéculations font entrer l’économie dans un cercle vicieux et font exploser le marché parallèle. Les Libyens ne font plus confiance aux banques et quasiment toutes les transactions commerciales se font au marché noir.

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