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Abidjan : 1,2 milliard d’euros de sukuks ouest-africains entrent en bourse

Par - à Abidjan

Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) à Abidjan Côte d’Ivoire. Mars 2016(© Jacques Torregano pour JA © Jacques Torregano pour JA

Ces trois pays membres de l'Union économique et monétaire d'Afrique de l'Ouest (UEMOA) ont admis à la Bourse régionale des valeurs mobilières d'Abidjan (BRVM) les obligations islamiques qu'ils ont émis depuis 2014. Au total, ces sukuks totalisent 766 milliards de francs CFA (1,2 milliard d'euros).

Mardi 18 octobre, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Sénégal ont admis leurs sukuks à la cotation sur la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Lors de leurs souscriptions, les obligations islamiques récemment émises par les trois États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont permis une levée de fonds cumulée de 766 milliards de francs CFA (1,16 milliard d’euros).

Leur mise en cotation, menée en marge du deuxième Forum africain de la finance d’Abidjan, représente l’une des plus importantes jamais réalisées sur ce segment dans le monde, s’est félicitée la BRVM à l’annonce de l’opération. Le principal arrangeur de l’opération n’est autre que la Société islamique de développement (SID), filiale de la Banque islamique de développement (BID) basée en Arabie saoudite.

Pour Jacques Konan Assahoré, directeur général du Trésor public ivoirien, « le recours aux sukuks dans la zone UEMOA est lié aux besoins grandissants en financement des plans nationaux de développement que les investissements classiques n’arrivent plus à couvrir ».

« Les conséquences de cette cotation sont doubles, confie de son côté à Jeune Afrique Edoh Kossi Amenounvé, le directeur général de la BRVM. Les titres deviennent liquides sur le marché et peuvent être vendus ou achetés. Cela rend le marché très attractif pour les prochaines émissions ».

Première place financière islamique en Afrique

Au sein de l’UEMOA, le Sénégal avait été le premier, en 2014, à émettre un sukuk d’un montant de 100 milliards de francs CFA sur quatre ans pour un taux de rendement de 6,25%. Il y était revenu deux ans plus tard avec une seconde obligation conforme à la charia pour un montant indicatif de 150 milliards francs CFA .

La Côte d’Ivoire lui avait emboîté le pas. Le pays a structuré deux levées de fonds via ce mode de financement alternatif pour un montant total de 300 milliards de francs CFA. Il se répartissait en deux tranches de 150 milliards de francs CFA chacune. La première avait été souscrite en décembre 2015 pour un taux de 5,75% sur la période 2015-2020 et la seconde en août 2016 pour la période 2016-2023 avec un taux de 5,75%. Celle-ci avait été marquée par un léger retard.

Le Togo, dernier pays à investir le marché des obligations islamiques, a émis son premier sukuk en juillet dernier, également pour un montant de 150 milliards francs CFA sur dix ans et avait recueilli 156 milliards de francs CFA.

Avec 1,2 milliard de dollars d’obligations financières islamiques ainsi cotées, la BRVM devient la première place financière pour les sukuks sur le continent africain, devançant Kharthoum (130 millions de dollars) et Tunis (6,25 millions de dollars). La Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) prévoit d’ailleurs l’adoption d’un texte réglementant la finance islamique dès 2017.

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