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RD Congo : l’opération « ville morte » bien suivie à Kinshasa

Par Jeune Afrique avec AFP

Patrouille de police à Kinshasa, devant le commissariat de la commune de Kalamu, incendié par des manifestants le 20 septembre 2016. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

Les rues de Kinshasa étaient inhabituellement calmes ce mercredi matin, alors que le front de l'opposition avait appelé à une opération "ville morte". Objectif : protester contre le report des élections d'ici à avril 2018, officialisé lundi avec l'adoption de l'accord entre la majorité et une frange de l'opposition.

Les Kinois ont-ils massivement suivi l’appel du Rassemblement à une journée de « ville morte », ou sont-ils restés chez eux par crainte de nouvelles violences ? S’il est encore trop tôt pour le dire, les rues de la capitale congolaise, d’ordinaires très animées, étaient anormalement désertes aux premières heures de ce mercredi 19 octobre.

Silence inhabituel 

À 6h, les artères des quartiers nord de Kinshasa, d’habitude déjà bien animées, étaient vides. Même silence inhabituel dans le quartier chic et administratif de la Gombe, d’ordinaire  bien réveillé en début de journée.

Plus au sud, dans le quartier de Kasa-Vubu, les seuls occupants de la place de la Victoire étaient la cinquantaine de policiers déployés.

Si les Kinois avaient ainsi déserté les rues, les forces de l’ordre étaient en revanche bien visibles. Déployées en nombre autour de plusieurs endroits stratégiques, comme le Palais du peuple (Parlement) et plusieurs camps militaires, leur présence était également visible aux abords de plusieurs rond-points de la capitale.

Trafic anormalement faible, écoles désertes 

La circulation était aussi anormalement faible. Alors que les bus publics roulaient pratiquement à vide mercredi matin, les transports en commun privés étaient pour leur part invisibles.

La situation était la même autour des écoles, où les rues sont d’ordinaires envahies d’uniformes bleu et blanc.

Manifestation à Goma et Beni

Si le calme régnait à Kinshasa, il en allait en revanche tout autrement à Goma et Beni, à l’est du pays. Ce mercredi matin, des opposants y sortaient en nombre dans les rues pour protester contre le glissement du calendrier électoral et distribuer « un carton jaune » au POrésident Joseph Kabila.

À Lubumbashi, fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi – une des têtes du Rassemblement – dans le sud-est du pays, l’activité était normale.

« Carton jaune »

Le Rassemblement, mené par Étienne Tshisekedi, fondateur de l’UDPS, a appelé à une journée « villes mortes » sur tout le territoire congolais mercredi pour adresser un « carton jaune » à Joseph Kabila et lui demander de quitter comme prévu le pouvoir le 20 décembre, date de la fin de son mandat selon la Constitution congolaise.

Car un tout autre scénario se prépare. Mardi, la majorité et une frange minoritaire de l’opposition – menée par l’opposant Vital Kamerhe également pressenti comme futur Premier ministre – ont signé un accord à l’issue de pourparlers qualifiés de « dialogue national » et décidé de renvoyer l’élection présidentielle à une date non-déterminée d’avril 2018, ainsi le maintien de Joseph Kabila à son poste jusqu’à la prise de fonctions de son successeur. Des décisions que contestent fermement l’opposition.

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