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Niger : où en est l’enquête concernant l’attaque contre le camp de réfugiés de Tazalit ?

Le village de Tasara, non loin du camp de Tazalit, attaqué le 6 octobre 2016. © Capture d'écran

L'enquête progresse après l'attaque qui a fait 22 morts - des gendarmes, des militaires et des gardes - dans le camp de Tazalit le 6 octobre dernier en début d'après-midi. Les autorités pointent du doigt des éléments maliens mais aussi des complicités du côté des réfugiés.

Les dernières informations recueillies suggèrent que les éléments ayant pris d’assaut le camp le 6 octobre dernier appartiendraient à des communautés proches des groupes armés de la région de Kidal, notamment le Gatia, selon une source locale. La quarantaine d’assaillants serait partie d’une base située à Ilamawan, à 60 kilomètres à l’ouest de la ville de Midal, dans la région de Tahoua, au Niger.

Selon un survivant, les assaillants avaient également des complices parmi les réfugiés, tous originaires des environs de Menaka, au Mali. Une figure du camp, un certain Aghali Ringo, fait d’ailleurs partie des suspects, selon une source sécuritaire. Celui-ci était surnommé, au sein de la communauté, « le président des réfugiés ». Il serait actuellement caché dans les environs de la commune de Sehene, dans la région de Menaka.

Un notable de la région, chef du village de Midal, mis en cause par la presse malienne, a également été interrogé par les enquêteurs, après s’être présenté de lui-même à la gendarmerie de Tassara. Mis hors de cause, cet influent dignitaire de la région frontalière est ressorti libre et compte déposer plainte contre les journaux ayant cité son nom dans l’affaire.

Une frontière hors de contrôle ?

Sitôt l’attaque effectuée, la colonne de « narco-terroristes », comme les a qualifiés le ministre de la Défense nigérien, Hassoumi Massaoudou, avait pris la fuite vers le Mali en empruntant la route du Nord-Ouest depuis le camp de réfugiés. L’armée nigérienne a d’ailleurs lancé une opération de ratissage en territoire malien, près de Menaka, en collaboration avec les forces de l’opération française Barkhane et la mission de l’ONU au Mali (Minusma).

Depuis le 6 octobre, deux autres attaques ont également eu lieu : l’enlèvement d’un Américain, le 14, et l’assaut sur la prison de Koutoukalé, le 17. Dans les deux cas, les enquêteurs sont toujours sur place et aucun élément n’a encore filtré. Mohamed Bazoum, ministre de l’Intérieur, doit se rendre à Abalak mercredi 19 octobre, pour faire le point sur les investigations.

Il a pourtant d’ores et déjà pointé du doigt des éléments venus du Mali. « On pense que c’est le Mujao. Nous avons suivi les ravisseurs quand ils ont franchi la frontière malienne. Ceux-ci se sont dirigés vers la région de Menaka », a-t-il affirmé, après l’enlèvement de Jeffery Woodke. Il rejoint en cela l’analyse du ministre de la Défense, Hassoumi Massaoudou, et de la diplomatie nigérienne.

« La communauté internationale fait mine de croire que Barkhane et la Minusma contrôlent les actions des groupes terroristes à la frontière entre le Niger et le Mali, mais ce n’est pas le cas », déplore un diplomate nigérien. Celui-ci prône notamment un nouveau renforcement de la mission des Nations unies dans la région.

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