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L’allemand Merck s’installe en Côte d’Ivoire

Par - à Abidjan

Unité de production de médicaments destinés au traitement du diabète. © Wikimedia Commons

Spécialiste des produits pharmaceutiques et du secteur de la santé, le groupe allemand Merck ouvre une filiale à Abidjan chargée entre autres de promouvoir les médicaments du groupe contre l'hypertension et le diabète. En Côte d'Ivoire, on ne dénombre que 15 diabétologues en exercice alors même que l’hyperglycémie chronique touche quelque 2 millions de personnes.

Merck s’installe en Côte d’Ivoire. Spécialisée dans les produits pharmaceutiques, les sciences et la technologie, la firme allemande a annoncé, lundi 18 octobre, l’ouverture officielle d’une filiale à Abidjan.

Une inauguration qui est en ligne avec l’ambition stratégique adoptée par son conseil d’administration et rendue publique en novembre 2015 qui vise à doubler ses effectifs sur le continent (400 personnes actuellement à fin 2015) et atteindre 500 millions de dollars de chiffre d’affaires à échéance 2020.

Abidjan, porte d’entrée sur l’Afrique de l’Ouest

Dans cette perspective, le bureau d’Abidjan constituera la plateforme régionale pour les opérations de la société dans les pays francophones d’Afrique Centrale et de l’Ouest.

Opérationnel depuis le 1er octobre, ce bureau devra promouvoir les produits du groupe, notamment ses traitements phares contre le diabète et l’hypertension et proposer des services corrélés. « On ne peut plus envoyer un médicament dans un pays, sans proposer un service de suivi à côté », explique Karim Bendhaou, président de Merck pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest, pour qui « la valeur ajoutée n’est plus dans le produit mais dans le service associé ».

Le bureau pourra « contrôler la qualité du message scientifique transmis au médecin ou assurer la pharmacovigilance de nos produits, grâce à un réseau de délégués médicaux », détaille le médecin algéro-tunisien.

« Nous envisageons aussi de mener un certain nombre d’études cliniques ici, et de travailler en PPP (partenariat public-privé) avec l’État, sur des politiques publiques de santé », a-t-il ajouté, citant l’exemple du programme de sensibilisation aux médicaments contrefaits, d’ores et déjà engagé avec l’État ivoirien.

Ce programme de lutte contre la contrefaçon a été appuyé par le don au ministère de la Santé ivoirien de « minilabs ». Ces mallettes roulantes sont capables d’analyser en pharmacie plus de 80 médicaments parmi les plus consommés dans le pays. « Avant, il fallait saisir les médicaments chez le pharmacien, les envoyer dans un laboratoire, et attendre les résultats pendant deux semaines », précise Karim Bendhaou.

Détection du diabète

Le groupe a également énuméré ses autres programmes philanthropiques, comme la livraison gratuite du traitement contre la bilharziose sur le continent, ou la formation des médecins contre le diabète. « Donnez-moi cinq ans et tous les médecins ivoiriens seront capables de détecter un diabète chez leur patient », ajoute Karim Bendhaou.

En Côte d’Ivoire, on ne dénombre à l’heure actuelle que 15 diabétologues en exercice alors même que l’hyperglycémie chronique touche quelque 2 millions de personnes.

Au sujet d’une éventuelle création d’unités de production dans le pays, à l’instar du marocain Pharma 5 qui a annoncé se lancer à Abidjan récemment, Karim Bendhaou déclare ne pas être « contre la nationalisation de la production », tout en posant des conditions. Il faudrait « trouver un partenaire investisseur que nous accompagnerions dans la mise en œuvre du projet avec, notamment, des transferts de technologie ».

Présent en Afrique depuis 1997, Merck possède aujourd’hui des filiales dans 12 pays du continent. En 2015, il a réalisé mondialement un chiffre d’affaires de 12,8 milliards d’euros et pour un excédent brut d’exploitation de 3,6 milliards — deux indicateurs en hausse.

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