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Football : décès de l’ancien international sénégalais Jean-Christophe Sagna

Jean-Christophe Sagna (centre) lors de la saison 1979 au Stade Lavallois. © DR

De Dakar à la France, ce meneur de jeu technique et élégant était l'un des premiers footballeurs du continent à s'expatrier de l'autre côté de la Méditerranée. Il est décédé lundi à Quimper, dans sa Bretagne d'adoption, à l'âge de 62 ans.

De « lion de la Teranga » à Breton d’adoption. C’est ainsi qu’on pourrait résumer la carrière et la vie de Jean-Christophe Sagna, l’ancien meneur de jeu sénégalais, décédé lundi 17 octobre à l’âge de 62 ans. Jean-Christophe Sagna aura joué une trentaine de matches avec la sélection nationale. Mais il n’est pas décédé à Dakar, où il est né en 1954 et a lancé sa jeune carrière dans les années 70. Jean-Christophe Sagna est mort à des milliers de kilomètres de là, à Quimper, une ville de Bretagne qu’il avait choisie pour vivre. Sa carrière derrière lui, il tenait depuis de nombreuses années un bar qu’il avait baptisé « La Teranga ».

L’aventure européenne

Son parcours peut sembler banal aujourd’hui tant les footballeurs sénégalais sont nombreux à jouer dans le championnat français (première nation étrangère représentée en 2015 avec 21 joueurs). Pourtant, Jean-Christophe Sagna est l’un des pionniers ouest-africains en la matière, puisqu’il débarque à Penmarc’h en 1976, à une époque où presque aucun joueur ne traversait la Méditerranée pour tenter sa chance en Europe.

Il faut dire que Jean-Christophe Sagna avait des arguments à faire valoir. Le numéro 10 petit format (1m68) pouvait déjà se targuer de quelques belles performances sur le continent africain avant d’arriver en France. Joueur phare de la Jeanne d’Arc de Dakar avec qui il atteint la demi-finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1974 (actuelle Ligue des champions) puis le dernier carré de la Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupes en 1975, il était considéré à l’époque comme une pépite à polir. Et un talent à préserver, comme en témoigne un article du Miroir des Sports de la même année, qui s’inquiète du possible départ du prodige local et préfigure la « fuite des muscles » des sportifs sénégalais à l’étranger : « Christophe Sagna, la dernière étoile de Dakar, saura-t-il résister à la tentation ? Les difficultés de promotion sociale que rencontrent les footballeurs du Sénégal les poussent à l’immigration même si au bout du voyage, le paradis n’est pas toujours au rendez-vous.  »

La CAN aux côtés de Jules Bocandé

Adulé et reconnu sur le continent, Jean-Christophe Sagna repart de zéro ou presque en France, puisqu’il joue ses deux premières saisons dans le championnat de troisième division. Il découvre ensuite l’élite sous le maillot de Laval pendant cinq ans. Avec succès, puisqu’il est désigné meilleur numéro 10 du championnat en 1981, avant de finir sa carrière non loin de là. Deux saisons à Guingamp (deuxième division), puis à Quimper. Toujours en Bretagne, et jamais loin de l’océan Atlantique, qu’il retrouve lors de ses retours à Dakar. Avec les Lions, il dispute encore une Coupe d’Afrique des nations, en 1986, où il côtoie la légende sénégalaise, Jules-François Bocandé. Malheureusement, l’équipe sort au premier tour.

En 1987, Jean-Christophe Sagna prend sa retraite et ne prendra pas part aux belles prestations sénégalaises aux CAN 1990 (demi-finale) et 1992 (quart-de-finale). S’il ne défendra plus jamais les couleurs de son pays sur les terrains, l’ancien footballeur l’a honoré à sa manière, en faisant sa promotion au comptoir de son bar « La Teranga », à des milliers de kilomètres de là.

 

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