Fermer

Sénégal : Yekini, l’ancien roi de la lutte, quitte l’arène

Par Jeune Afrique avec AFP

Le lutteur sénégalais Yakhya Diop, alias "Yekini" le 2 janvier 2005 à Dakar. © Seyllou Diallo/AFP

Après 24 ans de carrière au plus haut niveau dans le monde de la lutte sénégalaise, Yakhya Diop, dit Yekini, a tiré sa révérence lundi. À 42 ans, le colosse sérère, invaincu entre 1997 et 2012, est aujourd'hui considéré comme le monstre sacré de la discipline. Les médias sénégalais rendaient mardi hommage à une étoile de la lutte sénégalaise, le sport roi du pays, Yakhya Diop, dit Yekini, qui quitte l'arène au terme d'une carrière exceptionnelle par sa durée et son palmarès.

Une montagne de 1m95 pour 135 kilos de muscles. Avec un tel physique, pas étonnant que Yekini ait pu rester au plus haut niveau dans le monde si concurrentiel de la lutte sénégalaise. Il aura donc fallu attendre ses 42 ans et une conférence de presse, tenue lundi, pour que le « roi des arènes » annonce sa retraite, après 24 ans d’une carrière exceptionnelle. Une annonce qui a suscité une vive émotion au Sénégal, où la discipline passionne les foules peut-être plus encore que le football.

Au lendemain du départ de la star de la lutte avec frappe, la presse nationale multiplie les hommages en son honneur. Il faut dire que la carrière de Yekini, surnommé ainsi en référence à l’imposant footballeur Rashidi Yekini, star des Super Eagles nigérians dans les années 90, parle pour lui : 19 victoires, un nul et deux défaites, le tout en se ménageant une période d’invincibilité longue de 15 ans, entre 1997 et 2012 !

Meilleur lutteur du cinquantenaire

Désigné en 2010 meilleur lutteur du cinquantenaire (1960-2010), il a expliqué lundi sa décision par son sentiment que le moment était venu, assurant que sa défaite face à « Lac de Guiers 2 » lors de son dernier combat, le 24 juillet 2016, après plusieurs années sans compétition, n’avait pas pesé. S’il suffisait d’une défaite pour pousser un champion à la retraite « il ne resterait que moi dans l’arène », a déclaré Yekini avec son sens de la formule habituel.

Natif de Bassoul, dans le delta du Saloum, dans l’ouest du pays, Yekini s’est dit certain que la relève était assurée. Et pour cause, la région est l’un des principaux viviers de lutteurs du pays. Ces derniers viennent en majorité de son ethnie. « J’ai la conviction que les Sérères auront un autre champion plus fort que moi », a-t-il affirmé.

Une tradition et un business lucratif

Mais Yekini ne compte pas quitter le monde de la lutte sénégalaise pour autant. Car pour lui, la discipline est également devenu un business : « J’ai vécu les mutations dans l’arène sénégalaise : la montée des cachets, les changements de statut de la lutte et des lutteurs, la naissance des nouveaux champions« , a-t-il dit, appelant la jeune génération à aller plus loin dans la professionnalisation de la discipline.

C’est pourquoi Yekini, chef de file de l’écurie Ndakaru et désormais à la tête d’une société d’événementiel, Fata Productions, va rester dans le milieu, en promouvant des événements liés à la lutte. Un jubilé en son honneur sera également organisé dans quelques mois, selon les médias.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici