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Tunisie : l’UGTT appelle à la mobilisation contre le gel des salaires des fonctionnaires

Par Jeune Afrique avec AFP

Manifestation de diplômés au chômage, le 20 avril 2016 à Tunis. Pour résorber le chômage des jeunes, Youssef Chahed veut « encourager l’initiative privée » en facilitant l’accès au microcrédit. © ZUMA/REA

La puissante centrale syndicale s'oppose au projet de budget 2017 du gouvernement et appelle à la mobilisation. Principal motif d'insatisfaction pour l'Union générale des travailleurs tunisiens : le gel des salaires des fonctionnaires, prévu pour une année au moins.

Le dialogue social s’est incontestablement tendu lundi en Tunisie. Alors que le gouvernement va faire voter son projet de budget 2017 au Parlement, l’Union générale des travailleurs tunisiens, l’une des plus influentes centrales syndicales du pays, est montée au créneau. Elle appelle toutes les formations syndicales du pays et tous les travailleurs à se mobiliser pour protester contre les termes financiers de ce budget 2017.

Et pour cause, l’UGTT ne digère pas de ne pas avoir été plus consultée lors de l’élaboration de ce dernier, forcément guidé par un objectif de réduction du déficit au vu de la difficile situation financière tunisienne, que ne manque pas de rappeler le chef du gouvernement Youssef Chahed.

Outre ce qu’elle considère comme un manque de concertation et de considération, l’UGTT rejette en bloc le gel des salaires des fonctionnaires, prévu dans les comptes du budget 2017, et censé contribuer à une reprise de la croissance à 2,5 %.

« Destabilisation sociale »

Si l’UGTT concentre le feu de ses critiques sur le futur budget, la centrale syndicale ne manque pas de rappeler le gouvernement à ses autres engagements. Elle reproche au Premier ministre ce qu’elle estime être un manque de volontarisme en terme de lutte contre la corruption, la contrebande, ou encore l’évasion fiscale, facteurs de « déstabilisation sociale » selon le communiqué de la centrale.

Ces propos pourraient présager d’une escalade sociale, alors que les autorités se préparent à organiser une conférence internationale pour l’investissement les 29 et 30 novembre. Abderrahmane Hedhili, président du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), une ONG qui recense notamment les mouvements sociaux à travers le pays, a récemment averti que la Tunisie traversait une période délicate.

Contexte socio-économique inquiétant

Aujourd’hui, dans les quartiers populaires, nous avons le même profil qu’en 1984 [au moment des émeutes dites du pain, ndlr]. Les gens ont la mémoire courte. Aujourd’hui on n’a pas l’impression que le gouvernement prenne toutes ces questions au sérieux, a-t-il jugé.

Dans un pays marqué par de multiples crises depuis sa révolution en 2011, la paix sociale était au cœur de l’initiative de gouvernement d’union nationale portée l’été dernier par le président Béji Caïd Essebsi. Cette démarche a abouti à la nomination du nouveau cabinet avec à sa tête Youssef Chahed.

Face aux difficultés financières, la Tunisie a signé en mai un nouveau plan d’aide de 2,6 milliards d’euros sur quatre ans avec le Fonds monétaire international (FMI), et a promis de mettre en oeuvre une série de réformes délicates.

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