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Dialogue en RDC : l’accord politique reporte les élections d’ici à avril 2018

De g. à dr. Alexis Thambwe-Mwamba, co-modérateur de la Majorité présidentielle, Edem Kodjo, facilitateur du dialogue politique en RDC, et Vital Kamerhe, co-modérateur de la composante opposition, le 13 septembre à Kinshasa. © Flickr/Michael Ali/Monusco

La Majorité présidentielle et une frange de l'opposition congolaise conduite par Vital Kamerhe ont adopté lundi l'accord politique pour une gestion consensuelle du pays. Le texte valide le report des élections d'ici à avril 2018, ce qui ne "règle pas le problème" en RDC pour le ministre français des Affaires étrangères.

Sans surprise, les délégués au dialogue politique en cours à Kinshasa ont convenu, lundi 17 octobre, du report de la présidentielle en RDC. Initialement prévu le 27 novembre, le scrutin n’aura plus lieu en 2016. L’accord politique qui a été adopté en plénière de ces pourparlers le renvoie en effet à avril 2018. Soit au-delà du 19 décembre, date de la fin du second et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila.

Contrairement au Rassemblement de l’opposition qui a boycotté ce dialogue et qui préconise un « régime spécial » sans Kabila après le 19 décembre, le texte adopté entre la Majorité présidentielle (MP), une partie de l’opposition congolaise et de la société civile prévoit le maintien du chef de l’État sortant jusqu’à l’élection de son successeur.

Nouveau gouvernement

Il est également prévu la mise en place rapide – dans les 21 jours qui suivent la signature de l’accord prévue le 18 octobre – d’un nouveau gouvernement dirigé par un opposant ayant pris part au dialogue. Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale, se présente comme le favori à ce poste.

L’accord prévoit enfin l’installation d’un comité de suivi qui siégera tous les mois afin de mener une évaluation du processus électoral.

L’UE soutient la tenue de la présidentielle en 2017

Plus tôt dans la journée, le Conseil de l’Union européenne avait lui estimé que « la crise politique de la RDC ne peut être résolue qu’à travers un engagement public et explicite de tous les acteurs à respecter la Constitution actuelle, en particulier en ce qui concerne la limitation des mandats présidentiels ainsi que par un dialogue politique substantiel, inclusif, impartial et transparent. »

Appelant à l’ouverture d’une « nouvelle phase d’un processus politique plus inclusif au cours des semaines à venir », l’UE a également souligné que le processus de dialogue en RDC « doit déboucher, en ligne avec l’esprit de la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies, sur l’organisation des élections présidentielle et législative dans le délai le plus court possible au cours de l’année 2017 ».

Il y a un risque majeur d’affrontements et de manifestations violentes et de répression, selon Jean-Marc Ayrault.

« Renvoyer la présidentielle en 2018 n’est pas une réponse à la crise »

Abondant dans le même sens, Jean-Marc Ayrault a estimé mardi, lors d’une rencontre avec la presse diplomatique, que « renvoyer l’élection à 2018 ne règle pas le problème » en RDC. Pour le chef de la diplomatie française, « il n’y a qu’une façon de sortir de la crise : que le Président [Joseph Kabila] annonce qu’il ne se représente pas et qu’une date soit fixée pour l’élection ».

« La situation en RDC nous préoccupe beaucoup. Il y a un risque majeur d’affrontements, de manifestations violentes et de répression », a ajouté Jean-Marc Ayrault.

Interrogé sur l’éventualité de sanctions contre des personnalités du cercle du pouvoir à Kinshasa, le ministre français des Affaires étrangères a répété que « rien n’était exclu ». « On va se concerter [avec les autres États membres de l’UE] pour voir si on doit faire quelque chose », a-t-il expliqué.

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