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Éthiopie : restriction des transports, couvre-feu, médias interdits… le gouvernement renforce l’état d’urgence

Par Jeune Afrique avec AFP

Des soldats éthiopiens empêchent des manifestants d'avancer plus loin à Bishotu, le 2 octobre 2016. © Stringer/AP/SIPA

Le gouvernement éthiopien durcit le ton. Addis Abeba a annoncé dimanche une trentaine de mesures dans le cadre de l'état d'urgence décrété le 9 octobre, imposant de sévères restrictions pour les déplacements et interdisant la consultation de certains médias d'opposition basés à l'étranger.

Selon une liste publiée dimanche soir par le poste de commande instauré dans le cadre de l’état d’urgence et relayée par les médias locaux, les autorités ont instauré de larges zones rouges le long des frontières et autour des grands axes routiers, dans lesquelles les déplacements sont sévèrement contrôlés.

Deux médias d’opposition interdits d’accès 

Les diplomates étrangers basés en Éthiopie ont par ailleurs interdiction de se déplacer au-delà d’un périmètre de 40 km autour de la capitale Addis Abeba, sauf autorisation spéciale.

Les directives imposent également des restrictions dans l’accès aux médias. Il est désormais illégal de consulter ou de diffuser sur les réseaux sociaux les informations données par deux médias d’opposition basés aux États-Unis, Ethiopian Satellite Radio and Television (ESAT) et Oromo Media Network (OMN).

Couvre-feu

Les partis politiques se voient par ailleurs interdire de faire des déclarations à la presse pouvant inciter à la violence.

La liste publiée inclut également un couvre-feu entre 18h00 et 06h00 autour d’intérêts économiques stratégiques tels que les usines, fermes agricoles et institutions gouvernementales. Plusieurs entreprises étrangères ont été prises pour cible par les manifestants au cours des dernières semaines.

« Il faut s’attendre à des mesures répressives »

Les autorités éthiopiennes ont décrété le 9 octobre l’état d’urgence pour une durée de six mois. Objectif : tenter de juguler le violent mouvement de contestation antigouvernementale sévèrement réprimé par les autorités. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, cette répression féroce aurait déjà fait des centaines de victimes.

« C’est un état d’urgence et il faut s’attendre à des mesures répressives », a déclaré sous couvert d’anonymat un diplomate occidental basé à Addis Abeba. « Mais nous attendons aussi une ouverture de l’espace politique pour l’opposition, comme annoncé par le président au Parlement », a-t-il ajouté. « Or, ce n’est pas ce à quoi nous assistons pour le moment ».

L’internet mobile est quant à lui coupé depuis près de trois semaines dans la majeure partie du pays, y compris à Addis Abeba. Une mesure déjà appliquée depuis plusieurs mois dans les régions oromo et amhara, où le mouvement contestataire est le plus important. 

Oromo et Ahmara représentent les deux principales ethnies du pays et forment plus de 60% de la population en Éthiopie. Les contestataires dénoncent la domination sans partage de la coalition au pouvoir depuis 25 ans et ce qu’ils estiment être une sur-représentation de la minorité des Tigréens aux postes-clés au sein du gouvernement et des forces de sécurité.

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