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Irak : l’armée se lance dans la bataille de Mossoul contre l’EI

Par Jeune Afrique avec AFP

Les forces irakiennes déployées le 17 octobre 2016 dans la région d'Al-Shourah à 45 kilomètres de Mossoul. © Ahmad AL-RUBAYE/AFP

Lundi, les forces armées irakiennes se sont lancées à l'assaut de Mossoul, dans le nord du pays. Une offensive aussi décisive stratégiquement qu'importante symboliquement, car la ville demeure le dernier bastion de l'État islamique sur le sol irakien.

Des colonnes de blindés qui s’étirent le long des routes. À Al-Shourah, à 45 kilomètres de Mossoul, l’armée irakienne s’est mise en ordre de bataille lundi 17 octobre, avec la ferme ambition de reprendre la deuxième ville du pays, qui demeure aujourd’hui le dernier bastion de l’État islamique sur le sol irakien.

Une offensive annoncée de nuit à la télévision par le Premier ministre Haïder al-Abadi, et que Washington a jugé « décisive » dans la guerre contre l’organisation jihadiste.

Les États-Unis et les 60 autres pays impliqués dans la coalition internationale présente sur place soutiendront militairement l’armée irakienne.

Inquiétude pour les civils

L’assaut pourrait être décisif stratégiquement donc. Il devrait néanmoins être délicat. L’ONU et des ONG humanitaires ont exprimé leur « préoccupation » pour les 1,5 million d’habitants de la ville, rappelant que « les familles sont exposées à un risque extrême d’être prises entre deux feux » ou d’être utilisées comme boucliers humains par les jihadistes.

L’armée irakienne a largué par les airs des milliers de tracts sur Mossoul pour donner des consignes de sécurité aux habitants. Mais l’ONG Save the Children et l’organisation humanitaire du Conseil norvégien pour les réfugiés ont appelé à la mise en place de « couloirs sécurisés », pour que les populations puissent échapper aux combats et ne pas rester coincées sous les bombes, sans nourriture ni soins. 500 000 enfants sont menacés par les combats, selon Save the Children.

Attentats-suicides et boucliers humains

Les stratèges de l’armée s’inquiètent d’autant plus pour les civils qu’ils s’attendent à des combats acharnés : lourdement équipés, les jihadistes qui seraient entre 3 500 et 4 000 dans la ville, selon des estimations américaines, ont eu des mois pour se préparer à cet assaut et pourraient en outre avoir recours à des attentats à la bombe pour ralentir leurs ennemis.

Quelque 30 000 forces fédérales irakiennes – armée, police, contre-terrorisme – sont impliquées dans les opérations. Les combats pourraient durer « des semaines voire plus », selon la coalition internationale, laquelle sait pertinemment que l’EI ne lâchera pas facilement du terrain.

Mossoul, tombée aux mains de l’EI en juin 2014, est l’une des villes symboles de l’organisation. C’est là que son leader, Abou Bakr al-Baghdadi, avait publiquement proclamé un « califat » sur des territoires conquis de manière éclair par les jihadistes en Irak et en Syrie entre 2014 et 2015.

L’opération est délicate militairement, mais aussi politiquement. En effet, les sunnites, minoritaires dans un Irak majoritairement chiite, craignent l’entrée dans la ville des puissantes milices paramilitaires chiites du Hachd al-Chaabi, une organisation paramilitaire soutenue par l’Iran, et accusée d’exactions contre les civils sunnites dans le passé.

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