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Sommet de Lomé : les chefs d’État de l’UA réunis pour la sécurité maritime

Par - envoyé spécial à Lomé

L'entrée du sommet de Lomé sur la sécurité maritime, le 14 octobre 2016. © DR

A l'issue de cinq jours de discussions à Lomé, les chefs d’État de l'Union africaine s’apprêtent à signer, samedi lors d’un sommet extraordinaire, une charte sur la sécurité maritime. Parmi les présidents attendus dans la capitale togolaise pour parapher le document : Idriss Déby, Ibrahim Boubacar Keïta, Uhuru Kenyatta ou encore Yahya Jammeh.

Selon le ministre des Affaires étrangères togolais, Robert Dussey, ce sont au total 43 pays qui devraient être représentés, samedi 15 octobre, à Lomé, au Togo, à l’occasion de l’adoption de la Charte de l’Union africaine sur la sécurité maritime. Celle-ci doit être signée dans le courant de l’après-midi, après une séance à huis-clos entre les chefs des délégations présentes au Palais des congrès de la capitale togolaise.

Seront notamment présents, selon les informations délivrées vendredi 14 octobre au soir par le service du protocole et sauf imprévu de dernière minute, l’Ivoirien Alassane Ouattara, l’Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema, le Gambien Yahya Jammeh, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Guinéen Alpha Condé, le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra et le président des Seychelles, James Michel.

Le Nigérian Muhamadu Buhari sera quant à lui représenté par son vice-président, Yemi Osinbajo, tandis que son homologue camerounais, Paul Biya, a laissé sa place à un membre de son gouvernement. C’est pourtant à Yaoundé, au Cameroun, que s’était tenu le dernier rassemblement de chefs d’État sur la question de la sécurité maritime, en 2013. Le Sénégalais Macky Sall devrait quant à lui se présenter en personne, bien qu’il n’avait pas encore confirmé sa venue vendredi soir.

« Le pirate fait fi des frontières, nous devons trouver les moyens de faire de même »

À ces personnalités viennent s’ajouter les chefs d’État déjà présents à Lomé depuis la veille : le Tchadien Idriss Déby Itno, le Malien Ibrahim Boubacar Keïta et le Kényan Uhuru Kenyatta, sans oublier bien sûr l’hôte du sommet lui-même, le Togolais Faure Gnassingbé.

Ceux-ci ont d’ailleurs rencontré dès vendredi soir le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, invité à l’occasion de la clôture des travaux des tables rondes préparatoires au sommet extraordinaire de l’Union africaine de samedi. Le Français, qui a salué une Afrique « pionnière » en soulignant que l’Union européenne n’avait jamais organisé un tel sommet de chefs d’État sur la sécurité maritime, a accueilli les quatre présidents dans la soirée sur le navire français Dixmude, dans le port de Lomé.

En présence de l’ancien candidat à la présidentielle béninoise, Lionel Zinsou, arrivé à Lomé jeudi 13 octobre et présent lors des tables rondes, Jean-Yves Le Drian a martelé que « le grand enjeu de demain » était « la maritimisation de notre monde ». « Il faut en assurer la sécurité pour qu’elle soit synonyme de développement », a-t-il ajouté. « Le pirate fait fi des frontières, nous devons trouver les moyens de faire de même », avait-il auparavant déclaré, appelant à plus de coopération internationale.

« La résolution des problèmes africains passe d’abord par la lutte contre la pauvreté »

S’exprimant à la suite du ministre français de la Défense, face à un aréopage de militaires, d’ambassadeurs et de personnalités politiques, Idriss Déby Itno a appelé à prendre la sécurité maritime comme un « problème mondial » auquel « l’Afrique est plus exposée par le manque de compétences et de moyens ». « La résolution des problèmes africains passe d’abord par la lutte contre la pauvreté », a martelé le président tchadien.

« L’insécurité maritime, le terrorisme, le trafic de drogue… Chaque fois, c’est le mal-développement de l’Afrique qui en est à l’origine », a-t-il conclu. Uhuru Kenyatta, Ibrahim Boubacar Keïta et Faure Gnassingbé n’ont quant à eux pas pris la parole. Le président malien s’était toutefois entretenu plus tôt dans la journée avec Jean-Yves Le Drian.

Idriss Déby Itno aura une nouvelle fois l’occasion de s’exprimer, samedi 15 octobre, à l’occasion du sommet extraordinaire de l’Union africaine, en sa qualité de président en exercice de l’organisation.

« Plusieurs années » pour rendre la charte opérationnelle

La Charte de l’UA sur la sécurité maritime, qui doit être signée samedi dans l’après-midi, a l’ambition de mettre en place le cadre des politiques continentales capables d’éradiquer la piraterie, la pêche illégale et la pollution. Au moins 205 attaques de navires ont été enregistrées dans le Golfe de Guinée de 2005 à mai 2015, ciblant en majorité des navires pétroliers. « Mais depuis la chute des cours du pétrole, les pirates procèdent de plus en plus à des kidnappings, qui sont devenus plus rentables », explique une source onusienne.

« La charte de Lomé sera un véritable texte juridique contraignant, avec plusieurs avantages pour les pays africains », a souligné Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères. Mais une fois la signature acquise, le texte aura encore du chemin à parcourir. Des comités techniques devront ainsi être mis en place afin de le rendre juridiquement applicable dans chaque pays, ce qui pourrait prendre « plusieurs années », confie un ambassadeur proche des négociations.

En outre, si l’UA porte et impulse l’initiative, ce sont les communautés régionales économiques qui devront assurer le suivi des actions qui découleront du texte. Là encore, tout sera affaire de volonté politique. Et en la matière, comme l’ont démontré plus d’un projet panafricain par le passé, rien n’est acquis d’avance.

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