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Sénégal : la manifestation de l’opposition dispersée à Dakar

Des manifestants de l'opposition dispersés par la police à Dakar, le 14 octobre 2016. © Benjamin Roger/Jeune Afrique

Autorisée la veille par les autorités sur un autre parcours que celui souhaité par les organisateurs, la marche de l'opposition a rapidement été dispersée par la police ce vendredi après-midi à Dakar.

La « grande marche » de l’opposition a finalement tourné court ce vendredi 14 octobre à Dakar. Environ 3 000 personnes avaient pourtant répondu à l’appel du Front pour la défense du Sénégal (Mankoo Wattu Sénégal), qui regroupe les principaux partis d’opposition.

Prévue de longue date, cette manifestation avait été autorisée jeudi soir par la préfecture mais sur un autre itinéraire que celui souhaité par les organisateurs. L’arrivée devant le ministère de l’Intérieur, en plein centre-ville, leur avait été refusée pour des raisons de sécurité et un parcours de substitution leur a été proposé.

À partir de 15h, les manifestants ont commencé à se rassembler calmement. Parmi eux, des militants du Parti démocratique sénégalais (PDS), du Grand parti, ou encore de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (ACT).

« Nous ne voulons pas de violence mais juste exprimer librement notre mécontentement vis-à-vis de ce gouvernement. C’est un droit fondamental dans toute démocratie », expliquait Mohamed Diagne, un militant trentenaire de l’ACT, le parti de l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye.

Gaz lacrymogènes contre jets de pierres

Benjamin Roger/Jeune Afrique

Des manifestants lors de la marche de l'opposition à Dakar, le 14 octobre 2016. © Benjamin Roger/Jeune Afrique

Le cortège s’est ensuite mis en branle en direction de ce qu’il considérait comme son point de départ initial : la place Doudou Ndiaye Rose, solidement tenue par les forces de l’ordre.

Dans la foule était visible des pancartes et slogans hostiles au pouvoir en place, comme « Macky Sall dégage » ou « Pétrole et gaz au peuple » (en référence aux récentes polémiques sur la production nationale de pétrole et gaz, dans laquelle le président et son frère cadet, Aliou Sall, sont accusés de corruption). Les principaux leaders de l’opposition, comme Oumar Sarr (PDS), Malick Gakou (Grand parti), ou encore Abdoul Mbaye (ACT), étaient présents.

Une fois sur la place, quelques manifestants ont tenté de forcer le cordon policier pour continuer en direction du centre-ville. Les forces de l’ordre ont immédiatement répliqué à coups de gaz lacrymogènes pour disperser la foule, au sein de laquelle certains ont répondu en jetant des pierres ou des pavés.

S’en suivirent plusieurs minutes d’affrontements de rue sporadiques entre policiers et manifestants, qui ont été repoussés jusqu’à la place de l’Obélisque, où certains individus ont été arrêtés.

Benjamin Roger/Jeune Afrique

Des policiers dispersent les manifestants sur la place de l'Obélisque, à Dakar, le 14 octobre 2016. © Benjamin Roger/Jeune Afrique

« Dans quel pays sommes nous ? »

« C’est inadmissible ! Dans quel pays sommes-nous ? Il n’y a aucune démocratie sous Macky Sall », s’exclamait Bassirou, jeune militant du PDS. La prochaine fois, nous marcherons jusqu’au centre-ville quoi qu’il arrive. » Parmi les manifestants, beaucoup avaient du mal à dissimuler leur rancœur contre le pouvoir, accusé de réprimer ou interdire tout rassemblement public de l’opposition.

De fait, cette marche du 14 octobre était la première manifestation de l’opposition autorisée à Dakar depuis plusieurs mois.

« Les messages que nous voulions délivrer n’ont pas pu l’être et cela est regrettable », estime Abdoul Mbaye. « Nous sommes néanmoins très satisfaits de la mobilisation malgré la volonté manifeste de désorganisation de notre marche par les autorités ». Comme les autres cadres de l’opposition, le président de l’ACT promet d’ores et déjà que le Front de défense du Sénégal n’en restera pas là et qu’il organisera de nouvelles manifestations dans les semaines à venir.

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