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Le fonds souverain libyen perd son procès contre Goldman Sachs

Par Jeune Afrique

Fin 2015, les actifs de Goldman Sachs atteignaient environ 860 milliards de dollars. © Richard Drew/AP/SIPA

Le Haute Cour de Londres a rejeté la demande d'indemnité d'un montant de 1,2 milliard de dollars déposée par le fonds souverain Libyan Investment Authority (LIA) contre Goldman Sachs. Le LIA accusait la banque d'affaires américaine de lui avoir conseillé des investissements "hasardeux".

Le fonds souverain Libyan Investment Authority (LIA) a été débouté dans son procès contre la banque d’affaires américaine Goldman Sachs.

Dans une décision rendue publique ce vendredi 14 août, la Haute Cour de justice de Londres a rejeté la requête du LIA qui réclamait le remboursement de près de 1,2 milliard de dollars de pertes occasionnées par des investissements « hasardeux » réalisés entre 2007 et 2008. Ces investissements, estiment les responsables du LIA, avait été réalisés suite aux recommandations de Goldman Sachs.

« Manque de sophistication financière »

Dans sa plainte, déposée début 2014, le LIA accusait le géant financier américain d’avoir « tiré parti du manque de sophistication financière du personnel du fonds » pour l’encourager à investir dans « des transactions sans intérêt pour lui ». Les investissements en question ont été réalisés entre 2007 et 2008, un an à peine après la création du LIA, mis en place pour gérer les milliards de dollars de la manne pétrolière accumulés par la Libye (environ 67 milliards de dollars d’actifs à la fin 2012).

Dans son verdict, la juge britannique Vivien Rose a estimé que les liens entre Goldman Sachs et le LIA n’étaient pas allés « au-delà de la relation cordiale et mutuellement bénéfique qui s’établit entre une banque et son client », rapporte l’agence Bloomberg. Autrement dit, Goldman Sachs n’aurait fait que présenter des produits à un client désireux d’en acquérir, dans les limites des risques inhérents aux marchés financiers.

Quant à l’accusation concernant le « manque de sophistication du personnel du Fonds », le juge Rose souligne que le sommet de la hiérarchie du LIA était impliqué dans la décision d’investir. Comprendre : le niveau de qualification des dirigeants du LIA n’est pas du ressort de Goldman Sachs.

Détermination

Dans un communiqué repris par la presse américaine, Goldman Sachs s’est félicité de ce « verdict complet en [sa] faveur ».

De son côté, Ali Mahmoud Hassan, le président du comité intérimaire chargé de gérer le LIA, a affirmé que le verdict de ce vendredi « ne brisera pas notre détermination » à « poursuivre ceux qui ont exploité les Fonds à la fin des années 2000 », selon un communiqué transmis à Jeune Afrique. Le communiqué du LIA n’indique spécifiquement pas si le Fonds entend faire appel de la décision de la Haute Cour de Londres.

Dans une autre procédure, en cours, le LIA réclame 1,5 milliard de dollars de dommages et intérêts à la Société générale.

Cette dernière est accusée par le Fonds d’avoir versé des pots-de-vin à un des proches d’un fils du colonel Kadhafi en contrepartie de supposés services de conseil portant sur 2,1 milliards de dollars investis dans des obligations émises par le groupe français et plusieurs de ses filiales fin 2007 et mi-2009.

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