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Algérie : un émir d’une filiale de Daesh éliminé

Armes appartenant au groupe Jund Al-Khalifa, saisies en décembre 2014 lors de l'opération anti-terroriste lancée en Algérie suite à l'assassinat du Français Hervé Gourdel. © Ministère algérien de la Défense/AP/SIPA

Habbech Saddek, l'un des chefs du satellite de l'État islamique, Jund Al-Khalifa, a été tué à l'Est du pays, au cours d'une opération de l'armée algérienne, a-t-on appris ce jeudi. L'organisation s'est fait connaître en enlevant et en tuant le Français Hervé Gourdel.

Le ministère algérien de la Défense a annoncé, jeudi 13 octobre, la mort de Habbech Saddek, dit Abou Doudjana, présenté comme l’émir de Jund Al-Khalifa (Soldats du califat), une organisation terroriste qui avait fait allégeance à l’État islamique.

Sur la base de renseignements, les militaires avaient tendu une embuscade dans la région de Skikda, à l’extrême Est du pays avant d’éliminer Habbech Saddek. Un autre homme, Benaldjia dit Abderrahmane, a également été tué au cours de la même opération.

Exécution d’Hervé Gourdel

Formée par des dissidents d’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique), Jund Al-Khalifa a été créée en septembre 2014 par Abdelmalek Gouri, alias Khaled Abou Slimane. Ce groupuscule s’était aussitôt illustré par le rapt et la décapitation d’Hervé Gourdel, guide français de haute montagne.

Hervé Gourdel, âgé de 55 ans, avait été kidnappé le 21 septembre 2014 près de Tikjda, dans le massif montagneux de Kabylie. Deux jours plus tard, il a été exécuté par ses ravisseurs qui ont diffusé sur internet la vidéo de sa mise à mort. Son supplice, qui a eu un retentissement international, avait donné lieu à une vaste opération anti-terroriste.

Elle avait permis à l’armée de retrouver la dépouille du touriste dans la montagne d’Akbil, dans la Wilaya de Tizi Ouzou, à une vingtaine de kilomètres du lieu de son enlèvement. Le groupe des ravisseurs a été ensuite traqué et plusieurs de ses membres ont été tués dont le chef, Gouri. Depuis, les activistes de Jund Al Khalifa se sont très peu manifestées par des attaques terroristes.

Né en 1977 dans une localité de Boumerdès, à 90 km à l’est d’Alger, Gouri a rejoint le maquis dès son jeune âge. À 20 ans, il est arrêté et condamné à cinq ans de prison pour soutien au terrorisme. Gracié en juillet 1999 dans le cadre de la politique de main tendue aux islamistes, il quitte l’Algérie pour le Liban où il suit une formation militaire. De retour en Algérie en 2007, il reprend du service au sein d’Aqmi dont il devient l’un des chefs.

800 activistes recensés

L’élimination de Habbech et Benaldjia confirme une accélération dans la lutte contre les résidus de groupes armés en Algérie. Une semaine auparavant, jeudi 6 octobre, une unité des forces spéciales avait abattu Djamel Hanneb, lors d’une opération de ratissage menée dans la région de Boumerdès, au nord du pays.

Vétéran des maquis qu’il avait rejoints au milieu des années 1990, à l’époque où les groupes islamiques armés faisaient régner la terreur, cet activiste est présenté comme un des anciens bras droit de Droukdel. Auteur de plusieurs attaques et massacres, maintes fois condamné à mort par contumace par la justice algérienne, Djamel Hanneb serait chargé des recrutements et des finances au sein d’Aqmi.

Une semaine plus tôt, cinq terroristes avaient été éliminés lors d’une opération menée dans la zone montagneuse près de Batna (450 km au sud-est d’Alger), indiquait un communiqué du ministère algérien de la Défense.

Selon le commandement militaire algérien, près de 120 individus ont été abattus depuis le début de l’année en cours, plus d’une trentaine se sont rendus. Durant la même période, quelque 280 caches et ateliers de fabrication d’armes et d’explosifs ont été découverts. On dénombre aujourd’hui près de 800 activistes éparpillés entre la Kabylie, l’Est et l’ouest, dans le centre du pays ainsi que dans le grand sud.

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