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Maroc : les nouveaux diplomates de Mohammed VI en Afrique

Mohammed VI remettant, le 13 octobre 2016, ses lettres de créances à sa cousine Lalla Joumala, qui quitte Londres pour Washington. © Maghreb Arab Press

Dans la liste des nouveaux ambassadeurs du Maroc à l'étranger, annoncée jeudi, dix-neuf rejoindront des capitales africaines pour accompagner l'offensive diplomatique du royaume, qui a fait savoir sa volonté d'intégrer l'Union africaine.

Le grand chassé croisé d’ambassadeurs marocains à l’étranger a eu lieu jeudi 13 octobre à Casablanca. Le roi du Maroc a remis leurs lettres de créance à 65 ambassadeurs à l’étranger et quatre dans l’administration centrale, soit les deux tiers du corps diplomatique marocain.

Le Rwanda mais pas l’Afrique du sud

Dans cette vague, la première de cette ampleur en 16 ans de règne de Mohammed VI, 19 ambassadeurs ont été nommés dans des capitales africaines, dont – pour la première fois également – un ambassadeur au Rwanda, Youssef Imani, ancien directeur de l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI). Il lui reviendra d’acter la nouvelle dynamique entre Mohammed VI et Paul Kagamé.

Manque à l’appel l’Afrique du sud, citée en février dernier dans ce chamboulement diplomatique royal, et qui ne figure pas dans la liste finale des nominations. Le Maroc n’a plus d’ambassadeur dans ce pays depuis 2004, date à laquelle ce dernier a reconnu la RASD. Le contact entre les deux pays était jusque-là assuré par un chargé d’affaires, Rachid Agassim qui, dans ce mouvement diplomatique, quitte son poste à Pretoria pour la fonction d’ambassadeur près la République démocratique du Congo (RDC).

Autre nouveauté : c’est Moha Ouali Tagma, l’ancien Monsieur Afrique du Ministère, diplomate chevronné ayant déjà officié à Malabo, Libreville et Dakar, qui part au Nigeria, où le Maroc essaie de revenir après la crise diplomatique provoquée l’année dernière par l’ancien président Goodluck Jonathan qui a demandé un entretien téléphonique au roi dans le but d’obtenir son soutien pour sa réélection auprès de l’électorat musulman de son pays. Ayant refusé sa demande, Rabat avait alors rappelé son ambassadeur pour consultation. Avec Muhammadu Buhari, la situation est plus détendue même si celui-ci est adepte de la thèse de l’indépendance du Sahara occidental. Les Marocains lui ont même vendu un projet de construction d’une usine d’engrais. 

Offensive en Éthiopie et en Tanzanie

Rejetant la politique de la chaise vide qui a longtemps nui à ses intérêts, le Maroc a décidé de réinvestir la scène africaine, y compris dans les zones qui lui sont hostiles, en activant à la fois le canal diplomatique et les promesses économiques. Il intensifie son lobbying à l’approche du sommet de l’Union africaine (UA) en janvier prochain à Addis Abebba et qui devra se prononcer sur sa demande de réintégration de l’organisation panafricaine.

En Éthiopie, Mohammed VI a nommé une diplomate jeune mais déjà chevronnée : Nezha Alaoui M’hamdi, ancienne ambassadrice au Ghana, et ex-numéro 2 de la direction des Affaires africaines au Ministère, qui sera chargée d’appuyer la nouvelle offensive du Maroc à l’UA (elle couvrira aussi Djibouti). Une deuxième femme, Saâdia El Alaoui, ancienne ambassadrice en Norvège et en Islande, a été nommée en Angola.

Autre figure connue dans la diplomatie marocaine en Afrique, Abdelilah Benryane, ancien ambassadeur du Maroc à Nairobi où il est resté 10 ans, rejoindra la Tanzanie voisine et couvrira, à partir de ce pays et pour la première fois, l’Ouganda. 

Au Cameroun, on retrouve Moustapha Bouh, un ancien du Polisario ayant rallié le Maroc en 1991. Il arrive du Nigeria, où il est resté cinq ans après avoir fait ses premières armes en tant qu’ambassadeur en Angola.

Des politiques en Afrique

Des profils politiques font leur entrée dans le circuit diplomatique marocain en Afrique. Entre autres, Mokhtar Ghambou, ancien député du Mouvement populaire (MP), ex-professeur d’histoire à l’université de Yale aux États-unis, qui partira au Kenya. Et Abdelmalek Kettani, chef d’entreprise, et ancien membre du Parti du progrès et du socialisme (PPS), qui a été nommé en Côte d’ivoire, où le Maroc compte de grands intérêts économiques. 

Les autres pays africains concernés par ces nominations sont le Ghana, le Bénin, la Guinée équatoriale, la Guinée, le Niger, le Gabon, le Mozambique, l’Algérie et la Tunisie.

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