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Kenya Airways en plein conflit social

Par Jeune Afrique

« Fierté de l'Afrique » selon son slogan, Kenya Airways a perdu de sa superbe. © Boeing.com

En grandes difficultés financières, le transporteur public aérien du Kenya, qui envisage de procéder à des réductions d’effectif, est confronté à un préavis de grève des pilotes mardi prochain. Kenya Airways menace désormais de suspendre ses vols si les pilotes ne reviennent pas sur leur décision.

En pleine restructuration, la compagnie publique Kenya Airways, dans laquelle Air France-KLM possède 26% des parts, a menacé d’annuler ses vols si les pilotes ne revenaient pas sur leur appel à la grève.

D’après le transporteur aérien, ce mouvement social d’une semaine, prévu mardi prochain, cause déjà des pertes, en raison d’une hausse des annulations.

Selon le Financial Times, les pilotes de Kenya Airways réclament la démission du directeur général, Mbuvi Ngunze, et du président Dennis Awori — par ailleurs ancien ambassadeur du Kenya au Japon — en raison de leur incapacité à redresser la compagnie après quatre années consécutives de pertes.

La compagnie nationale, détenue par l’État kényan à hauteur de 29%, subit de plein fouet la chute du tourisme après les attaques islamistes contre l’université de Garissa et le centre commercial Westgate. Au 31 mars 2015, la compagnie a ainsi fait exploser ses pertes à 34 milliards de shillings kényans (299 millions d’euros), contre 2,9 milliards de shillings de pertes un an plus tôt, soit la plus grosse perte jamais encaissée par une compagnie kényane.

Président sur le départ

Ce jeudi 13 octobre, Kenya Airways a annoncé que ses résultats semestriels, qui seront publiés le 27 octobre prochain, montraient une diminution des pertes semestrielles nettes de 12 à 5 milliards de shillings (de 100 à 43 millions d’euros) et une petite hausse de 4% du trafic de passagers.

Le jour même, Dennis Awori a annoncé qu’il se retirerait de la compagnie, sans préciser la date. « Je suis sur le départ, en effet, a-t-il déclaré à l’agence Bloomberg. J’ai entamé le redressement et Kenya Airways a besoin de quelqu’un qui a beaucoup plus de temps que moi ».

En avril, Mbuvi Ngunze avait annoncé que la compagnie devrait lever 300 millions de dollars pour se relancer. Kenya Airways a déjà dû réduire sa flotte et renoncer à desservir les vols sur la tranche de la matinale à l’aéroport londonien d’Heathrow. Pour redevenir rentable, la compagnie envisage désormais de supprimer 600 postes et se séparer d’un tiers de ses appareils.

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