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Climat : conférence mondiale à Kigali pour accélérer l’élimination des gaz à effets de serre

Par Jeune Afrique avec AFP

Vue de la capitale rwandaise Kigali, où se réunissent près de 200 pays ce jeudi pour évoquer les gaz HFC. © Ben Curtis/AP/SIPA

Jeudi et vendredi, Kigali accueille les représentants de 197 pays. Ils doivent discuter d'un amendement au protocole de Montréal sur les HFC, de redoutables gaz à effet de serre. Une rencontre primordiale, à quelques semaines de la COP 22 à Marrakech.

L’espace de 48 heures, Kigali devient la capitale mondiale de la lutte pour l’environnement. Jeudi et vendredi, pas moins de 197 représentants d’autant de pays de la communauté internationale se réunissent dans la capitale rwandaise. Parmi eux, une quarantaine de ministres et même le secrétaire d’État américain John Kerry assistent à cette 28e réunion des parties au Protocole de Montréal sur la protection de la couche d’ozone, pour laquelle les participants se sont fixés des objectifs ambitieux.

Ils doivent en effet discuter d’un amendement à ce traité, qui doit prévoit l’élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC). Utilisés dans la réfrigération, l’air conditionné, certains aérosols et dans la fabrication de mousses isolantes, ceux-ci sont de redoutables gaz à effet de serre (GES).

Les HFC sont utilisés depuis les années 1990 en remplacement des CFC (chlorofluorocarbures), principaux responsables de la destruction de la couche d’ozone. Mais s’ils sont bons pour l’ozone, ils se sont révélés désastreux pour le climat. D’où l’idée, lancée dès 2009, d’un amendement au Protocole de Montréal pour leur suppression.

A l’approche de la COP 22 de Marrakech

« Nous sommes réunis à Kigali avec un objectif commun : voter un ambitieux amendement au Protocole visant à éliminer progressivement l’utilisation des hydrofluorocarbures », a déclaré Vincent Biruta, le ministre rwandais des Ressources naturelles, lundi à Kigali avant des réunions préparatoires.

Le rendez-vous de Kigali doit permettre de concrétiser les engagements pris dans le cadre du pacte de Paris, qui entrera en vigueur début novembre, et de donner un signal positif à quelques semaines de la prochaine grande conférence annuelle sur le climat (COP22), prévue à Marrakech.

Les promesses faites à Paris « vont sonner creux si nous n’obtenons pas une date butoir rapprochée pour l’élimination des gaz HFC », a fait valoir dans un communiqué Wael Hmaidan, de l’ONG Climate Action Network, appelant à un « accord ambitieux ».

Avec le pacte de Paris, la communauté internationale s’est engagée à agir pour contenir la hausse de la température globale « bien en deçà de 2°C » par rapport au niveau préindustriel et à « poursuivre les efforts » pour la limiter à 1,5°C.

Sans les HFC, moins de réchauffement 

Or l’élimination des HFC pourrait réduire de 0,5°C le réchauffement mondial d’ici à 2100, selon une étude publiée en 2015 par l’Institute for governance and sustainable development (IGSD), un groupe de réflexion. À l’horizon 2030, elle permettrait d’éviter jusqu’à 1,7 gigatonne d’équivalent CO2 par an, soit les émissions annuelles du Japon.

Comme souvent dans les négociations environnementales mondiales, « pratiquement tous les pays » sont d’accord pour éliminer de manière progressive les HFC, mais « il y a de grandes différences concernant la vitesse à laquelle ils sont prêts à agir », souligne cependant David Doniger, de l’ONG Natural Resources Defense Council.

Plusieurs projets d’amendements sont sur la table. Ils proposent différentes dates pour le « gel » de la production et de la consommation d’HFC, avant une diminution progressive à des rythmes variables, les pays riches étant invités à agir plus tôt et plus rapidement que les pauvres.

L’Inde et les pays du Golfe demandent du temps

Selon David Doniger, la plupart des pays sont prêts à geler la production et l’utilisation des HFC en 2021, des alternatives existant déjà. L’Inde réclame 10 ans de plus et les pays du Golfe, grands consommateurs de climatiseurs, ont déjà obtenu une exemption pour une durée restant à négocier.

Si un consensus se dessine, notamment sous l’impulsion du président américain Barack Obama, sur le vote de cet amendement, qui ne devrait pas intervenir avant vendredi soir, il reste à financer cette transition.

Les négociateurs devront se mettre d’accord sur l’aide à apporter aux pays en voie de développement. Fin septembre, 16 pays (États-Unis, Japon, Allemagne, France…) et 19 organismes et donateurs privés réunis à New York ont promis 80 millions de dollars (71,5 millions d’euros). « Les attentes sont fortes », souligne Rachel Cleetus, du think tank américain Union of concerned scientists. Et « le temps dont nous disposons pour limiter les pires conséquences du changement climatique diminue rapidement ».

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