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Soudan du Sud : la crainte du « carnage génocidaire »

Par Jeune Afrique avec AFP

Une réfugiée marche aux côtés de Casques Bleus, près d'un camp de protection des civils (POC) de l'ONU à Juba, le 4 octobre 2016 © ALBERT GONZALEZ FARRAN/AFP

Au Soudan du Sud, un groupe politique dirigé par un ancien ministre des Finances a estimé mercredi que le pays se trouvait "au bord du précipice" et craint un carnage génocidaire.

Les troubles qui agitent actuellement le Soudan du Sud inquiètent une partie de la classe politique du pays. Mercredi, les membres du groupe « Les anciens prisonniers politiques » s’est exprimé sur la situation actuelle, s’alarmant de « développements inquiétants, incluant des villages détruits et incendiés », « la destruction délibérée de récoltes et de réserves de nourriture », « les meurtres de civils dans des villes, des villages et plus particulièrement sur les routes ».

Il faut dire que samedi 8 octobre, vingt-et-une personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été tuées par des hommes armés dans l’attaque du camion qui les transportait entre la ville de Yei à la capitale Djouba. Le lundi suivant, sur la route entre Djouba et Numile, à la frontière ougandaise, trois bus ont également été attaqués. L’un des bus a été incendié et les passagers ont été rançonnés, sans qu’on sache si l’attaque a fait des victimes.

Un groupe qui jouit d’un certain prestige auprès des populations

Ce groupe, qui compte deux ministres dans le gouvernement d’union nationale, est constitué d’hommes politiques sud-soudanais impliqués dans la lutte d’indépendance contre Khartoum et arrêtés en décembre 2013, au début de la guerre civile, sur ordre du président Salva Kiir. Leur influence est minime au sein du gouvernement, mais ils jouissent d’un certain respect auprès de la population.

« Le pays est au bord du précipice », poursuivent les anciens prisonniers politiques, qui ajoutent « avoir le devoir de publier ce communiqué en dépit de notre participation au gouvernement transitoire d’unité nationale ».

« Si la trajectoire de ces inquiétants développements n’est pas modifiée, nous craignons que le Soudan du Sud ne s’enfonce sous peu dans un carnage génocidaire, le chaos total et finisse par se désintégrer », poursuit le communiqué signé de l’ancien ministre des Finances Kosti Manibe (2011-2013).

Le gouvernement réticent au déploiement d’une force africaine

Le groupe réclame le « prompt déploiement » d’une force régionale de protection, un contingent de 4 000 soldats africains destinés à sécuriser Juba et dont le déploiement, voté par le Conseil de sécurité des Nations unies, se heurte en l’état aux vives réticences du gouvernement.

Mercredi, la mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) s’est également alarmée du regain de tensions dans le pays, mentionnant notamment des combats à Leer (nord) entre forces gouvernementales et celles fidèles à l’ex-président Riek Machar.

Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a basculé en décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts. Un accord de paix signé en août 2015 avait fait naître de timides espoirs de pacification, mais se trouve moribond depuis une flambée de violences en juillet à Djouba.

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