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Attentats de Paris : convaincus que Salah Abdeslam ne parlera pas, ses avocats renoncent à le défendre

Par Jeune Afrique avec AFP

Me Frank Berton, l'un des avocats de Salah Abdeslam, à la sortie du palais de justice, le 27 avril 2016 à Paris. © Matthieu Alexandre/AFP

Face au silence de Salah Abdeslam, suspect clé des attentats du 13 novembre à Paris et incarcéré à la prison de Fleury, ses avocats ont annoncé mercredi qu'ils renonçaient à le défendre.

« On a décidé l’un et l’autre de renoncer à la défense » de Salah Abdeslam, a déclaré le 12 octobre Frank Berton aux côtés de Sven Mary. « Nous avons la conviction qu’il ne s’exprimera pas et qu’il appliquera le droit au silence », a-t-il expliqué à BFMTV, l’un des deux médias avec l’hebdomadaire L’Obs à révéler l’information.

« Dans cette position qui est la nôtre, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? Nous l’avons dit dès le début, nous avons prévenu, si notre client reste muet nous quitterons sa défense », a poursuivi Me Berton.

« Quand on a le sentiment d’être là pour faire des visites sociales à la prison, à ce moment-là une décision doit être prise », a ajouté de son côté l’avocat belge, Me Mary.

« Salah Abdeslam abandonne », selon son avocat

Selon Me Berton, Abdeslam a « écrit au juge d’instruction pour l’informer qu’il ne veut plus être représenté ». « Lors de sa première audition en France, il l’avait même dit devant le juge : il allait s’expliquer ultérieurement », a-t-il ajouté dans une interview accordée à L’Obs.

« Je l’ai vu une dizaine de fois, nous nous sommes parlés régulièrement au téléphone. Aujourd’hui, il refuse de répondre à une quelconque question du magistrat antiterroriste. Je pense qu’il n’aura pas d’autre avocat. Il n’en a plus envie. Salah Abdeslam abandonne. C’est comme un suicide, je le crains », s’inquiète son désormais ex-avocat.

Rôle encore mystérieux 

Près d’un an après les attentats du 13 novembre revendiqués par l’État islamique, des zones d’ombre entourent encore le rôle exact de Salah Abdeslam le soir des attaques. Après avoir convoyé en voiture les trois kamikazes du Stade de France, deux Irakiens partis de Syrie et un Français de 20 ans, Bilal Hadfi, il s’est garé dans le 18e arrondissement de Paris. Il semble avoir erré durant la nuit, avant d’être exfiltré par deux amis venus de Belgique, pour finalement être arrêté et remis fin juin par les autorités belges à la France.

Salah Abdeslam a abandonné une ceinture explosive, laissant penser qu’il devait lui aussi mener une attaque suicide pendant que ses complices semaient la mort sur des terrasses de café ou dans la salle du Bataclan.

Proche du Belge Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attaques, il a également eu un rôle de logisticien, louant des véhicules et des planques en région parisienne. Les enquêteurs pensent aussi qu’il a participé à l’acheminement de jihadistes en Europe. Mais Salah Abdeslam refuse de répondre aux questions du magistrat antiterroriste chargé de l’enquête sur les attentats de Paris et Saint-Denis. Il exerce systématiquement son droit au silence pendant l’interrogatoire.

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