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Boissons : rupture annoncée entre Coca-Cola et AB InBev en Afrique

Par Jeune Afrique

Usine d'embouteillage de produits de Coca-Cola. © http://www.coca-colacompany.com/

Le groupe américain compte racheter la participation du brasseur belge dans Coca-Cola Beverages Africa, acquise à travers son absorption de SABMiller.

Coca-Cola a opté pour la rupture pure et simple.

Le géant américain va racheter la participation du brasseur belge Anheuser-Busch InBev (AB InBev) dans Coca-Cola Beverages Africa (CCBA).

Dans un communiqué daté du lundi 10 octobre, le groupe américain explique que sa décision intervient à la suite de l’absorption par AB InBev du brasseur né en Afrique du Sud SABMiller, avec qui Coca-Cola avait lancé CCBA fin 2014.

Il faut noter que AB InBev détient de solides liens avec le grand rival de Coca-Cola : PepsiCo, Inc., dont il embouteille les produits dans une demi-douzaine de pays d’Amérique latine.

Présence dans douze pays africains

Coca-Cola Beverages Africa avait été lancé au second semestre 2014 par The Coca-Cola Company, SABMiller et l’investisseur sud-africain Gutsche Family Investments pour rassembler les opérations du géant américain de la boisson dans douze pays africains (dont l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda et le Mozambique), représentant 40 % des volumes de Coca-Cola à travers le continent, pour 30 unités d’embouteillage et 14 000 employés.

Dans une présentation aux investisseurs, en novembre 2014, Alan Clark, directeur général, et Jamie Wilson, directeur financier de SABMiller, estimaient à 2,94 milliards de dollars les revenus annuels attendus de Coca-Cola Berevages Africa, pour un Ebitda de 505 millions de dollars.

À la conclusion formelle de la création de Coca-Cola Beverages Africa – soumise à l’approbation de plusieurs autorités de la concurrence – la répartition de son capital était prévue ainsi : SABMiller : 57 %, Gutsche Family Investments : 31,7 %, The Coca-Cola Company : 11,3 %.

Stratégie à long terme

Le groupe Coca-Cola « a choisi d’exercer son droit d’acquérir la participation de [AB InBev] dans CCBA parce qu’il a l’intention de mettre en œuvre son plan stratégique à long terme sur ces marchés avec d’autres partenaires », explique le communiqué de l’entreprise américaine.

« Bien que [Coca-Cola] respecte les capacités de [AB InBev], il a un certain nombre de partenaires existants qui sont hautement qualifiés et intéressés par ces territoires », poursuit le même document.

Si le groupe américain ne donne aucune indication sur l’identité de ces éventuels partenaires, les spécialistes du secteur misent sur Coca-Cola Europe Partners PLC et Coca-Cola Hellenic Bottling Co. ou encore Coca-Cola Femsa SAB (Mexique) comme partenaires potentiels du groupe américain en Afrique.

Si l’annonce de ce projet de rachat devrait calmer un temps les spéculations des marchés sur un éventuel rachat de Coca-Cola par AB InBev, ce dernier conserve toutefois une part du marché de l’embouteillage du groupe américain sur le continent. En rachetant SABMiller, AB InBev a acquis une participation de l’ordre de 20 % dans le français Castel, embouteilleur de Coca-Cola dans une dizaine de pays africains parmi lesquels l’Algérie et la Tunisie. Une situation qui ne manque pas d’irriter le groupe américain.

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