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L’Éthiopie accuse l’Égypte de soutenir le mouvement de contestation qui agite le pays

Par Jeune Afrique avec AFP

Hailemariam Desalegn, Premier ministre éthiopien, le 22 septembre 2016 à New-York. © Jewel Samad/AFP

Vingt-quatre heures après avoir déclaré l'état d'urgence, les autorités éthiopiennes ont accusé lundi l'Égypte d'être à l'origine du mouvement de contestation antigouvernementale qui secoue le pays, mais aussi l'Érythrée d'infiltrer des groupes terroristes.

« Il y a une menace renouvelée venant de différentes directions, des ennemis extérieurs qui sont déterminés à détruire le pays tout entier », a déclaré le 10 octobre Getachew Reda, le ministre éthiopien de la Communication, lors d’une conférence de presse à Addis Abeba.

« Ces éléments anti-éthiopiens utilisent les manifestants pour remettre en cause toutes les réussites de l’Éthiopie ces 15 ou 20 dernières années », a-t-il ajouté. Allusion faite au mouvement de de contestation antigouvernementale qui a commencé en région Oromo (centre et ouest) en novembre 2015, et s’est étendu depuis l’été à la région Amhara (nord).

Érythrée et Égypte dans le collimateur

Getachew Reda, qui est aussi porte-parole du gouvernement éthiopien, a pointé du doigt l’ennemi traditionnel, l’Érythrée, ainsi que l’Égypte, leur reprochant d’orchestrer les troubles. Le ministre a en effet accusé les autorités égyptiennes de financer et d’entraîner militairement le Front de libération Oromo (OLF), un mouvement rebelle indépendantiste, qualifié par le gouvernement éthiopien de groupe terroriste.

« Nous avons la certitude que le groupe terroriste OLF a reçu toutes sortes de soutiens de la part de l’Égypte », a affirmé Getachew Reda. « Ses dirigeants étaient par le passé à Asmara (en Érythrée), maintenant ils sont au Caire », a-t-il ajouté.

Hailemariam Desalegn a pour sa part fait le lien avec une querelle avec l’Égypte sur l’accès à l’eau du Nil. « Les pays mécontents de notre détermination à construire le barrage Grande renaissance avec nos propres ressources ont depuis longtemps conspiré avec la diaspora extrémiste pour déstabiliser notre pays », a déclaré le Premier ministre éthiopien au Parlement.

Où sont les preuves ?

Outre l’Égypte, qui a d’ailleurs contesté ces accusations en affirmant son « respect absolu » de la souveraineté de l’Éthiopie, Addis-Abeba s’en est également pris à l’Érythrée. « Le gouvernement érythréen a infiltré toutes sortes de terroristes » dans le nord de l’Éthiopie », a affirmé Getachew Reda.

Problème : les autorités éthiopiennes n’ont divulgué aucun élément permettant d’accréditer leurs accusations, qui pourraient n’être qu’une tentative de diversion, le mouvement de contestation apparaissant essentiellement spontané et surtout structuré sur les réseaux sociaux.

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