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États-Unis : ce qu’il faut retenir du débat entre Hillary Clinton et Donald Trump

Par Jeune Afrique avec AFP

Donald Trump et Hillary Clinton, le 9 octobre 2016 lors du second débat pour la présidentielle américaine, à l'université Washington de Saint-Louis. © Capture d'écran NBC News

Ce lundi la dynamique électorale reste favorable à Hillary Clinton dans la course à la présidence américaine, qui doit se tenir en novembre. Le deuxième débat l'opposant au républicain Donald Trump hier a pourtant tourné à l'affrontement.

De l’avis de la plupart des observateurs, Donald Trump était en très mauvaise posture avant le débat de dimanche 9 octobre, sur le campus de l’université Washington de Saint-Louis. Déstabilisé lors du premier « round », le candidat républicain à la Maison Blanche avait besoin de briller pour rebondir après un week-end désastreux suite à la divulgation de propos dégradants qu’il a tenu sur les femmes en 2005.

Mais le miracle ne s’est pas produit. Deux sondages auprès des téléspectateurs donnaient l’avantage à Hillary Clinton : 57 % contre 34 % pour Donald Trump selon CNN/ORC et 47 %/42 % selon un sondage moins tranché de Yougov dans lequel le reste des sondés estimait que le match avait donné un résultat nul.

Des attaques personnelles d’une rare violence

Durant une heure et demie, Donald Trump a fait preuve de plus de discipline qu’au premier débat, il y a deux semaines, attaquant sans relâche Hillary Clinton comme une représentante du statu quo contrôlée par les groupes d’intérêts. Il s’est également excusé une nouvelle fois pour la vidéo retrouvée et diffusée la semaine dernière, dans laquelle il est surpris racontant la façon brutale dont il approche les femmes qu’il désire, parfois sans leur consentement.

Mais Donald Trump a surtout assorti ces excuses d’une contre-attaque extraordinaire, s’aventurant sur un terrain jusqu’ici considéré indigne d’un débat présidentiel : les allégations de frasques sexuelles contre le mari de son adversaire. « Si vous regardez Bill Clinton, c’est bien pire », a-t-il fait remarquer.

« Si vous regardez Bill Clinton, c’est bien pire. »

Donald Trump avait organisé une courte conférence de presse juste avant le débat avec trois femmes accusant Bill Clinton de les avoir agressées sexuellement. Une quatrième assurait que Hillary Clinton avait contribué à faire libérer son violeur présumé. Le candidat à la Maison Blanche avait ensuite invité les quatre accusatrices à assister au débat.

 

« Vous seriez en prison ! »

Donald Trump a aussi traité Hillary Clinton de « diable » et affirmé que son cœur était plein de haine, et promis de nommer un procureur spécial pour enquêter sur elle, la menaçant de prison. « Si je gagne, je vais donner l’ordre à mon ministre de la Justice de nommer un procureur spécial pour faire la lumière sur votre situation, parce qu’il n’y a jamais eu autant de mensonges, autant de choses cachées », a-t-il affirmé.

Hillary Clinton a réagi, estimant « vraiment bien que quelqu’un ayant le tempérament de Donald Trump ne soit pas chargé des lois de notre pays ». L’intéressé a aussitôt répondu : « Parce que vous seriez en prison ! ». L’entourage de la démocrate estimait après le débat que le républicain avait commis une faute politique en menaçant Mme Clinton de prison, tel un « dictateur de république bananière ».

Trump, le candidat de la Russie ?

« On aurait pu s’attendre à ce que, avec 5 ou 6 points de retard dans les sondages, il essaie d’élargir sa coalition, de toucher un plus large éventail de gens, des électeurs plus modérés ou indécis », estime quant à lui l’analyste politique Steven Smith, « mais il ne l’a pas fait, il s’est adressé à sa base ». Pour lui, Trump a essayé d’ «arrêter l’hémorragie (de ses soutiens) et d’empêcher sa candidature de se désagréger ».

Hillary Clinton n’a de son côté pas dévié de sa ligne directrice, consistant à faire de l’élection un référendum sur la personnalité de Donald Trump, présenté comme instable et sectaire. Dans un long réquisitoire solennel, elle est revenue sur la façon dont il parle des femmes mais aussi des immigrés et des musulmans.

Elle a également accusé la Russie d’essayer d’influencer les élections de novembre en faveur de Donald Trump. « Jamais dans l’histoire de notre pays nous ne nous sommes retrouvés dans une situation où un adversaire, un pouvoir étranger, fait tant d’efforts pour influencer le résultat de cette élection », a-t-elle déclaré, tandis que Washington a ouvertement accusé Moscou d’essayer d’interférer dans le processus électoral. Le Kremlin a qualifié ces accusations de « foutaise ».

L’intégralité du débat entre Hillary Clinton et Donald Trump, le 9 octobre 2016

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