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Tunisie : en visite à Alger, Youssef Chahed a discuté économie, sécurité et taxe touristique

Par Jeune Afrique

Youssef Chahed, chef du gouvernement tunisien. © Riadh Dridi/AP/SIPA

De passage dans la capitale algérienne, le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed a fait part de sa volonté de renforcer davantage les relations bilatérales avec l'Algérie, en particulier dans les domaines économique et sécuritaire.

Pour son premier déplacement officiel à l’étranger depuis sa prise de fonction à la tête du gouvernement, Youssef Chahed a choisi l’Algérie pour « les relations exceptionnelles qui unissent les deux pays ». Accompagné du ministre tunisien de l’Intérieur, du ministre du Commerce et de l’Industrie et du secrétaire d’État aux Affaires étrangères, il a donc été accueilli le 9 octobre par son homologue algérien Abdelmalek Sellal, avant de s’entretenir avec le Président Abdelaziz Bouteflika.

Coopération sécuritaire et économique

« Le gouvernement est résolu à œuvrer avec la partie algérienne en vue d’offrir un climat d’affaires, d’investissement et de partenariat dans plusieurs nouveaux domaines et secteurs, ce qui ne manquera pas de consolider l’intégration et la complémentarité économiques entre les deux pays frères », a déclaré dimanche le chef du gouvernement tunisien.

La nouvelle fonction « d’interlocuteur unique entre les deux pays » devrait ainsi être créée pour encourager les opportunités d’investissement et de coopération, pour simplifier les procédures et pousser les hommes d’affaires tunisiens et algériens à conquérir de nouveaux marchés africains, a annoncé à l’agence TAP Zied Ladhari, ministre tunisien de l’Industrie et du commerce. Le Premier ministre algérien ainsi que plusieurs chefs d’entreprises et investisseurs seront présents à la conférence internationale des investisseurs, qui se tiendra a Tunis les 29 et 30 novembre, a-t-il ajouté.

La sécurité, et en particulier la lutte contre le terrorisme, étaient également au centre des discussions, Youssef Chahed ne manquant pas de souligner la solidité des « relations privilégiées liant les deux peuples frères, unis par leur histoire et qui partagent un avenir et des combats communs. » Il s’est ensuite rendu, en compagnie d’Abdelmalek Sellal, au carré des martyrs du cimetière d’El Alia où il a déposé une gerbe de fleurs et récité la fatiha à la mémoire des martyrs de la révolution algérienne.

Annulation de la taxe touristique

Mais ce qui a surtout retenu l’attention des citoyens tunisiens et algériens à l’issue de cette journée, c’est la mention faite à la très controversée taxe touristique, ou taxe de sortie du territoire. Mise en place en octobre 2014 puis temporairement abandonnée en 2015 après les attentats du Bardo et de Sousse, la législation tunisienne à ce sujet impose à tout véhicule d’étrangers non résidents une taxe d’un montant de 30 dinars tunisiens à la sortie du territoire.

Sous forme de timbre fiscal, cette taxe a été instaurée à l’origine pour compenser la consommation de produits subventionnés en Tunisie. Les Algériens, eux, y voient une injustice, et demandent depuis plusieurs mois l’application du principe de réciprocité ou l’annulation de cette taxe à leur égard.

Suite à des mouvements de protestation menés cet été au niveau de plusieurs points de passage à la frontière tuniso-algérienne, les autorités des deux pays ont annoncé se pencher plus sérieusement sur la question. Sa visite à Alger fut l’occasion pour Youssef Chahed de confirmer auprès des responsables algériens la décision d’annulation de cette taxe de sortie du territoire tunisien imposée aux véhicules algériens, « qui a causé une certain malaise chez nos frères ».

La question de la liberté de circulation, de travail et de séjour a aussi été à l’ordre du jour, a-t-il fait savoir à l’agence TAP.

 

 

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