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Investissements : Mugabe envisage de revenir sur l’ « indigénisation »

Robert Mugabe, 92 ans, s'adressant aux vétérans le 3 août. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/Sipa

Huit ans après son lancement, Robert Mugabe a annoncé jeudi l'assouplissement de la politique dite du "Black Empowerment", afin de ne pas décourager les investisseurs étrangers. Le président zimbabwéen avait pourtant activement soutenu cette politique volontariste d’émancipation de la majorité noire.

Au Zimbabwe, Robert Mugabe a décidé d’assouplir la loi sur le Black Empowerment pour des raisons économiques. Pour le président âgé de 92 ans, cette politique volontariste d’émancipation de la majorité noire décourage les investissements étrangers alors que l’économie du pays traverse une mauvaise passe.

« La loi en question sera donc amendée pour la mettre en harmonie avec la politique voulue », a-t-il déclaré sans plus de précisions devant le parlement ce jeudi 6 octobre.

Le « BEE » (Black Economic Empowerment) a été expérimenté pour la première fois dans l’Afrique du Sud voisine après la fin de l’apartheid. Au Zimbabwe, elle oblige depuis 2008 les sociétés étrangères à transférer 51% de leurs actifs à des Zimbabwéens noirs.

La loi impose par exemple aux compagnies minières étrangères telles que Impala Platinum, Aquarius Platinum et Anglo American de céder plus de la moitié de leurs actifs locaux au gouvernement et aux salariés des mines. Or, le secteur minier représente plus de la moitié des revenus d’exportation du Zimbabwe.

Contradictions

Ces mesures dites d’ « indigénisation » sont régulièrement accusées par ses opposants d’être responsables des mauvaises performances économiques du pays, alors que le FMI table sur une contraction de l’économie du Zimbabwe de 0,3% cette année et de 2,5% en 2017.

L’application de cette politique avait été au centre de la campagne électorale qui a permis la réélection de Robert Mugabe avec 61% des voix en 2013. Il s’agissait alors de redonner le pouvoir à la majorité noire marquée par le souvenir de la colonisation britannique. « Nous savons ce que nous avons souffert et nous savons aussi ce que nous devons faire pour ne pas souffrir encore et ne pas profiter à ceux qui nous ont fait souffrir d’une façon sanglante », déclarait-il au début de l’année.

Mais en mars dernier, Robert Mugabe en avait exempté les banques tout en menaçant de faire fermer les sociétés qui n’appliqueraient pas la loi. Et en avril, le président zimbabwéen avait admis que le Black Empowerment et « les conflits dans son interprétation » entraînaient beaucoup de confusion chez les investisseurs potentiels.

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