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Éthiopie : de violents incidents éclatent en région Oromo

Par Jeune Afrique avec AFP

Une foule d'Éthiopiens à l'occasion du festival annuel à Bishoftu, le 2 octobre 2016. © Stringer/AP/SIPA

Nouvelle journée de vives tensions en région Oromo ce mercredi lors d'une journée marquée par de multiples incidents dirigés contre le gouvernement. Plusieurs entreprises étrangères ont été ciblées dans la région et une ressortissante américaine a été tuée mardi à Addis-Abeba.

Ces nouvelles violences font suite à la mort d’au moins 52 personnes dans une bousculade provoquée par des tirs de gaz lacrymogène de la part de la police, dimanche au cours d’un festival religieux oromo à Bishoftu, à environ 50 km au sud-est d’Addis.

Une Américaine tuée 

La citoyenne américaine, dont l’identité n’a pas été précisée, voyageait à bord d’un minibus local dans un quartier périphérique de la capitale éthiopienne, quand le véhicule a été visé par des jets de pierre. La scène s’est répétée dans plusieurs quartiers de la capitale.

« Elle a été touchée par une pierre et est décédée des suites de ses blessures », a indiqué dans un communiqué l’ambassade américaine en Éthiopie.

Internet coupé 

De multiples incidents, essentiellement des manifestations spontanées organisées par des petits groupes de jeunes, ont été signalés mardi et mercredi aux alentours d’Addis et en région Oromo.

Le réseau d’internet mobile était coupé mercredi dans la capitale, une mesure régulièrement prise par les autorités pour tenter d’empêcher la propagation d’appels à manifester.

L’Éthiopie est actuellement en proie à un mouvement de contestation anti-gouvernementale sans précédent depuis une décennie, qui a commencé en région Oromo au mois de novembre 2015. Il s’est depuis l’été étendu à la région Amhara (nord). La répression a déjà fait plusieurs centaines de victimes.

Des entreprises étrangères prises pour cible

En région Oromo, la ferme fruitière néerlandaise AfricaJuice, située dans la vallée de l’Awash (sud), a été mise à sac par des manifestants. La ferme a été attaquée par un groupe de très nombreux manifestants.

« Ils ont causé des dommages importants et des pillages (…) Deux de nos employés ont été blessés », a précisé le directeur de la compagnie, Harry Van Neer. « La plupart des employés ont été évacués et la zone est encore insuffisamment sécurisée pour pouvoir se rendre sur place pour le moment », a-t-il ajouté.

Le saccage d’une cimenterie appartenant à l’homme d’affaire nigérian Aliko Dangote – détenteur de la plus grosse fortune d’Afrique- , près d’Adama (sud) a également été rapporté par la radio officielle Fana.

Inquiétude des investisseurs 

L’inquiétude des investisseurs est de plus en plus palpable. La compagnie Esmeralda Farms a d’ailleurs annoncé qu’elle se retirait d’Éthiopie, considérée jusqu’ici par les investisseurs comme l’un des pays les plus stables et les plus sûrs du continent.

Certains investisseurs commencent à réclamer des clauses dans leur contrat demandant au gouvernement d’assumer la responsabilité si leurs installations sont endommagées, a confié un diplomate spécialiste des questions économiques, parlant sous couvert d’anonymat.

D’autres se montrent plus confiants. À l’image de Zhang Huarong, le président de la société chinoise Huajian, l’un des plus gros investisseurs étrangers en Éthiopie et qui exporte chaque mois trois millions de chaussures. « Des ministres éthiopiens m’appellent pour me dire qu’ils vont régler la situation. Nous sommes confiants dans la capacité des Éthiopiens à faire face. Nous ne partirons pas », a-t-il dit.

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