Fermer

Burkina : la justice militaire demande l’expertise des écoutes mettant en cause Djibrill Bassolé et Guillaume Soro

Djibrill Bassolé à la tribune de l'ONU, à New-York, le 29 septembre 2014. © Frank Franklin II/AP/SIPA

La justice militaire burkinabè a ordonné l’analyse, par un expert indépendant, des écoutes qui mettent en cause Djibrill Bassolé et Guillaume Soro dans la tentative de putsch de septembre 2015 au Burkina Faso.

Selon une source au sein de la justice burkinabè, le juge d’instruction chargé du dossier de Djibrill Bassolé a demandé, dans un document datant de la fin du mois de septembre, l’expertise de l’enregistrement de la supposée conversation téléphonique entre Djibrill Bassolé et le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro. Celle-ci a été l’élément déclencheur de l’arrestation de Bassolé et fait figure de pièce centrale de l’accusation dans l’affaire du coup d’État avorté.

L’analyse, qui était réclamée depuis des mois par la défense de l’ancien ministre des Affaires étrangères, doit être effectuée par un spécialiste allemand, Hermann Künzel, régulièrement consulté en Europe comme expert de la phonétique. Les résultats doivent être communiqués au juge quinze jours après réception de la demande. Le juge a convoqué Djibrill Bassolé et sa défense mardi 4 octobre afin de lui notifier cette décision et de briser les scellés de la clé USB contenant les fameux enregistrements.

« La bande est le produit d’un montage »

« C’est une bonne nouvelle, qui relance la procédure », a commenté Me Alexandre Varaut, avocat français de Djibrill Bassolé, contacté par Jeune Afrique. « Tout ce qui contribuera à la manifestation de la justice est souhaité par la défense. Je ne doute pas que cette expertise montrera que la bande est le produit d’un montage », a-t-il affirmé.

Tout comme Guillaume Soro, Djibrill Bassolé a toujours dénoncé un montage et une « manipulation », thèse renforcée, selon les avocats de la défense qui l’ont commandée, par une expertise privée menée en début d’année 2016. « Monsieur Bassolé a bien appelé Guillaume Soro, comme il a communiqué avec d’autres hommes politiques, mais il ne faisait alors que se renseigner et discuter des événements », affirme Alexandre Varaut qui dénonce un emprisonnement « politique » de son client.

La défense de Djibrill Bassolé espère désormais un non-lieu ou, à défaut, un procès public où Djibrill Bassolé, « combattif et déterminé » voudra « prouver son innocence ». Le président burkinabè, Roch Marc Kaboré, a à plusieurs reprises déclaré qu’il souhaitait que cette affaire « soit réglée le plus rapidement possible, avant la fin de l’année », en précisant toutefois que c’était à la justice de fixer ces délais. Djibrill Bassolé est emprisonné depuis le 29 septembre 2015.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici