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Musique : ces légendes de la soul révélées par le label Motown

Visuel de l'album "What's going on" de Marvin Gaye. © Motown Records/Tamla

À l'occasion de la sortie d'un livre retraçant l'histoire du légendaire label de soul, Jeune Afrique revient sur les débuts à Détroit de cinq artistes légendaires.

L’ouvrage de l’écrivain américain Adam White est sobrement intitulé Motown (éditions Textuel). Cette somme de 400 pages traduites en français retrace l’histoire du label emblématique de la musique soul américaine avec de nombreuses photos d’archives et de studio. Fondé par Berry Gordy en 1959 dans un contexte de ségrégation raciale, de révoltes et de lutte pour les droits civiques, Motown Records va donner naissance à une identité sonore, le « son Motown », qui lancera parmi les plus grands artistes de la culture populaire mondiale. En voici cinq dont la voix est entrée dans l’histoire.

Le « son Motown », l’oeuvre des Funk Brothers

 

 

Impossible de parler du label légendaire de Détroit sans parler de ceux qui en ont façonné le son : les musiciens. Pourtant, ils seront pendant longtemps les enfants pauvres du label, jusqu’à la sortie du documentaire Standing in the Shadows of Motown en 2002 qui les réhabilitera aux yeux du grand public. Dans un article paru en 2009 dans le journal français Les inrocks à l’occasion des 60 ans de la Motown, Francis Dordor rappelle les conditions difficiles des musiciens de la firme, anonymes et mal payés, évoluant dans un cercle quasi familial où la concurrence commerciale entre les groupes et les histoires d’amour entre les individus ont tout autant affecté les individualités que permis un élan créatif inédit.

Les Funk Brothers, – James Jamerson (basse), Benny Benjamin (batterie), Marv Tarplin (guitare) ou Earl Van Dyke (piano), et bien d’autres encore – composeront entre 1959 et 1972, nous rappelle le documentaire, plus de « hits numéro 1 que les Beatles, Elvis, les Rolling Stones et les Beach Boys réunis. Ce qui fait d’eux la plus grosse machine à produire des tubes de l’histoire de la pop music ». Rien que ça.

 

 

Diana Ross and The Supremes

En 1961, quand Berry Gordy signe The Supremes, il est intimement convaincu du potentiel artistique et commercial du trio féminin composé de Florence Ballard, Mary Wilson et Diana Ross. Il lui faudra attendre 1964 et la sortie de Where Did Our Love Go pour que ses intuitions soient confirmées par la vente en quelques instants de plusieurs millions d’exemplaires du single.

 

 

Marvin Gaye, génie au destin tragique

Le fils du pasteur Marvin Gay Sr. fait ses début en 1961 en tant que batteur chez Motown Records. Dix ans plus tard, il sort son onzième album studio, What’s going on (1971). Un chef-d’oeuvre artistique, un manifeste politique. Marvin Gaye y délivre un message universel d’amour tout en abordant les tourments de son époque : la guerre du Vietnam, la drogue, la pauvreté… L’album sera un immense succès commercial et est toujours considéré comme l’une des plus belles réalisations de la musique populaire du siècle dernier. Le chanteur disparaît le 1er avril 1984 dans des conditions dramatiques : il est assassiné par son père la veille de son anniversaire.

 

 

La famille Jackson

Le 23 juillet 1968, la fratrie Jackson fait le déplacement à Détroit pour une audition dans les studios de la Motown. Jackie, Tito, Jermaine, Marlon et le petit Michael, alors âgé de 9 ans, s’illustrent avec brio dans une reprise de James Brown. Quelques semaines plus tard ils signent avec le label. L’année suivante, en août 1969, ils font leur première télévision sous le patronage de Diana Ross avec une reprise des Isley Brothers, It’s Your Thing.

 

 

Le succès est quasi immédiat et la formation enregistre Diana Ross presents The Jackson Five et ABC. Le groupe vend des millions d’album et révèle au monde son plus éminent membre, le jeune Michael, qui deviendra l’icône planétaire de la pop.

 

 

Stevie Wonder

Stevland Judkins Morris, atteint d’une cécité de naissance, est un prodige multi-instrumentiste. Il n’a que 11 ans quand il est repéré par Ronnie White, cofondateur avec Smokey Robinson de la formation The Miracles. Le jeune garçon signe alors un contrat sous le nom de Little Stevie et sort un 45 tours en 1962, avec Marvin Gaye à la batterie. Mais c’est l’année suivante que le succès arrive avec le titre Finger Tips. Il s’émancipera artistiquement du carcan sonore Motown à parti des années 1970, décennie au cours de laquelle il signe ses albums les plus forts comme Talking book (1972), Innervisions (1973), Fulfillingness’ first finale (1974).

 

 

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