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Armes chimiques au Darfour : l’ONU demande au Soudan d’aider à faire la lumière sur les accusations d’Amnesty International

Par Jeune Afrique avec AFP

Un camp de déplacés internes au Darfour. © Albert Gonzalez/AP/Sipa/UNAMID

Mardi 4 octobre, un haut responsable de l'ONU a demandé au Soudan d'aider à faire la lumière sur des accusations selon lesquelles les forces gouvernementales auraient procédé à plusieurs attaques chimiques au Darfour.

L’ONG Amnesty International a accusé les forces soudanaises dans un rapport jeudi dernier d’avoir mené une trentaine de ces attaques entre janvier et septembre sur des villages de la région du Djebel Marra, dans le cadre d’une vaste campagne militaire contre les rebelles.

« Ces allégations ne sont pas sérieuses »

Mais de son côté, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), une branche de l’ONU, se montre plus prudente à ce sujet. Elle a en effet expliqué qu’elle aurait besoin de plus d’informations et de preuves pour une enquête formelle.

C’est ainsi qu’Hervé Ladsous, le patron des opérations de maintien de la paix de l’ONU, a déclaré devant le Conseil de sécurité qu’il encourageait le Soudan « à maintenir une coopération complète avec toute enquête future de l’OIAC, comme il s’est dit prêt à le faire ».

La France et le Royaume-Uni ont insisté sur la nécessité d’une enquête méticuleuse, mais l’ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vitali Tchourkine, a jugé le rapport d’Amnesty peut convaincant.

« Ces allégations ne sont pas sérieuses. Il y a beaucoup de raisons de croire qu’elles ne sont pas sérieuses », a-t-il déclaré devant des journalistes.

« Entre 200 et 250 personnes ont pu mourir d’une exposition aux agents chimiques »

Khartoum a empêché des Casques bleus de la Mission conjointe des Nations unies et de l’Union africaine (Minuad) de se rendre dans le Djebel Marra, où la situation reste « explosive », selon Hervé Ladsous.

Jusqu’à 194 000 personnes ont été déplacées dans cette région de l’ouest du Soudan depuis le lancement mi-janvier d’une campagne militaire contre les rebelles de l’Armée de libération du Soudan-Abdel Wahid Nour (SLA-AW), selon l’ONU.

Amnesty a estimé qu’ « entre 200 et 250 personnes ont pu mourir d’une exposition aux agents chimiques, pour beaucoup, voire pour la plupart, des enfants » durant les attaques dont elle accuse le Soudan, signataire depuis 1999 de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques.

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