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Nigeria : General Electric pressenti dans le ferroviaire

Vue d'une locomotive du groupe américain General Electric. © www.getransportation.com

Le patron africain du conglomérat industriel américain a annoncé lundi que le groupe allait investir 150 millions de dollars dès 2017, dans un pays où il est déjà présent dans l'énergie. Cet investissement pourrait viser le secteur ferroviaire et atteindre 2,2 milliards de dollars, selon le président Muhammadu Buhari.

General Electric (GE) garde le cap de l’Afrique, et plus spécifiquement du Nigeria. Lundi, le patron pour l’Afrique du conglomérat industriel américain (électricité, infrastructures pétrolières, santé, aviation, transport, électroménager) a annoncé que 150 millions de dollars seraient investis au Nigeria en 2017, pays où Jeffrey Immelt, le PDG de GE, avait prévu un milliard de dollars sur cinq ans en 2013.

Déjà très actif dans l’économie du géant ouest-africain, tout particulièrement par la construction de l’usine de turbines et d’équipements pétroliers de Calabar (sud-est) qui représente à elle seule un investissement de 800 millions de dollars, GE visera à nouveau les secteurs pétrolier, gazier ainsi que des « projets de développement », aux dires de Jay Ireland, le directeur exécutif de GE en Afrique, cité par Reuters le lundi 3 octobre.

Buhari parle de 2,2 milliards de dollars

Si aucun détail sur les investissements visés n’a été donné, Chibuike Rotimi Amaechi, le ministre fédéral des Transports indiquait mardi 20 septembre à la News Agency of Nigeria, agence de presse d’Abuja, que des discussions étaient en cours avec GE pour la réhabilitation de voies ferrées. Des concessions de 20 à 25 ans pourraient être conclus d’ici janvier 2017, impliquant des investissements de deux milliards de dollars de la part de GE, indiquait encore le ministre nigérian.

Un chiffre qui a été depuis repris à son compte par le président Muhammadu Buhari, dans son discours pour le 56e anniversaire du Nigeria, samedi 1er octobre. « General Electric investit 2,2 milliards de dollars dans une concession qui prévoit la réhabilitation, la fourniture de matériel roulant et la gestion des voies ferrées existantes, y compris la ligne entre Port Harcourt (au sud-est) et Maiduguri (au nord-est) », a indiqué Muhammadu Buhari à cette occasion.

Une annonce qui intervient alors que le Nigeria ambitionne de remettre sur pied 3 505 kilomètres de voies ferrées en piteux état et de construire de nouvelles infrastructures ferroviaires afin de couvrir davantage le territoire de ce pays de plus de 180 millions d’habitants, le plus peuplé d’Afrique.

Montée en puissance de GE sur le continent

En novembre 2014, le gouvernement nigérian et China Railway Construction Corporation ont signé un contrat de 12 milliards de dollars pour la construction d’un tronçon de 1 402 kilomètres reliant la capitale économique nigériane, Lagos, à la ville de Calabar (est). Et fin juillet, le premier train « à grande vitesse » de la principale économie d’Afrique a été inauguré en grandes pompes.

Si le projet avec GE se concrétise, il confirmera les ambitions du géant américain (117,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2015) dans la principale économie d’Afrique.

Déjà en 2014, en marge d’un sommet US-Africa organisé dans la capitale américaine, GE indiquant son ambition de faire du Nigeria un « pôle régional pour la production, les services et l’innovation ».

Le groupe américain a fait passer ses activités africaines d’une part marginale au début des années 2000 à 5,2 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros) en 2013. Il y est actif dans l’énergie, les mines ou encore dans les transports, à l’instar du méga-projet de centrale électrique « Ghana 1000 », d’une capacité de 1 100 mégawatts (d’un coût de 800 millions à 1,5 milliard de dollars), du marché de 2,7 milliard de dollars remporté pour la livraisons de turbines en Algérie et celui de près de 3 milliards d’euros remporté (au sein d’un consortium) pour la fourniture d’un millier de trains en Afrique du Sud. La division transport de General Electric a enregistré 5,9 milliards de dollars de revenus en 2015, pour 985 locomotives livrées.

Jeffrey Immelt, s’est rendu le 2 mars à Abidjan, pour l’ouverture de premier bureau de GE en Afrique de l’Ouest francophone.

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