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Présidentielle en RD Congo : pas avant novembre 2018, selon la Ceni

Par - avec Trésor Kibangula

Des manifestants congolais à Paris demandent la convocation d'élections, le 10 décembre 2011. © Yves Logghe/AP/SIPA

La Commission électorale de la République démocratique du Congo (Ceni) a préconisé samedi la convocation du corps électoral en novembre 2017, renvoyant par ailleurs à une année plus tard la tenue de la présidentielle en RDC. Soit deux ans après la fin du second mandat du président Joseph Kabila.

Le verrou du dialogue national, qui se tient depuis le 1er septembre à Kinshasa, peine toujours à se débloquer. Samedi 1er octobre, Corneille Naanga, président de la Ceni, a proposé pour novembre 2017 la convocation du corps électoral pour les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales en une seule séquence.

La Ceni estime par ailleurs que « le fichier électoral pourrait être finalisé au plus tard le 31 juillet 2017 » et que « environ 45 millions d’électeurs potentiels devront être enrôlés à la fin de cette opération en cours », peut-on lire dans un communiqué publié par le bureau du facilitateur Edem Kodjo.

Selon le même texte, se basant sur l’exposé de Corneille Nangaa, à compter du 31 juillet 2017 plusieurs étapes du processus électoral – répartition des sièges par circonscription électorale, inscription des candidatures, commande du matériel électoral et son déploiement, formation des agents électoraux – devront s’étendre sur 504 jours. Autrement dit, ce n’est qu’à l’issue de l’ensemble de ces opérations, soit en novembre 2018, que les scrutins auront effectivement lieu.

Lire le communiqué du bureau du facilitateur Edem Kodjo.

Manœuvre dilatoire

« La Céni doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu’elle veut », a aussitôt objecté Jean Lucien Bussa, porte-parole de l’opposition au dialogue national. « Nous cherchons à résoudre la crise, le peuple n’attend pas la présidentielle au 25 novembre 2018 », a t-il prévenu, estimant qu’il s’agit là d’une nouvelle « manœuvre dilatoire » pour conforter plus longtemps le président Joseph Kabila dans son siège présidentiel.

Évoquant l’expérience de la Ceni en 2006 et en 2011, Jean Lucien Bussa a également rappelé que selon les experts de l’OIF et de l’ONU « il faut à la Ceni six mois maximum après le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins ».

« La publication du calendrier est une compétence exclusive de la Ceni », a répondu fermement Corneille Naanga.

Un dialogue au point mort

« On peut tout finir en une année et avoir la présidentielle dans un court délai, c’est franchement exagéré de faire pareille projection », a confié à l’AFP l’abbé Nshole, le délégué de l’Église catholique au dialogue.

L’Église catholique a suspendu sa participation aux travaux du dialogue depuis le 20 septembre en vue de rechercher un consensus plus large, après les violences des 19 et 20 septembre lors des manifestations d’opposition qui visaient à demander au président Joseph Kabila de quitter le pouvoir à la fin de son mandat le 20 décembre 2016.

Le Rassemblement de l’opposition, rangé derrière l’opposant historique Étienne Tshisekedi, qui avait également décidé de boycotter ce dialogue national dès son ouverture le 1er septembre, annonce de son côté la tenue le mardi 4 octobre de son conclave à Kinshasa.

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