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Burkina : lancement d’un mémorial pour raviver l’héritage de Sankara

Par - envoyé spécial à Ouagadougou

De g. à dr. : Blaise Compaoré, Thomas Sankara et l’ex-président ghanéen Jerry Rawlings, à Pô, le 28 septembre 1983. © Carrefour Africain/Archives JA

Le projet de mémorial Thomas Sankara a été solennellement lancé ce dimanche, lors d'une journée hommage au capitaine révolutionnaire à Ouagadougou.

Les travées de la Maison du peuple sont remplies de tee-shirts vert, jaune, et rouge frappés du visage de Thomas Sankara. « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! », scande en boucle le public, poing droit fièrement levé. Plus d’un millier de personnes sont là, dans une ambiance électrique ponctuée de discours aux accents révolutionnaires.

Elles sont venues du Burkina, du Togo, du Mali et de bien d’autres pays de la sous-région pour participer au lancement du mémorial Thomas Sankara, qui devrait être érigé dans les mois à venir au Conseil de l’Entente, épicentre du régime sankariste où le capitaine au béret rouge a été abattu par un commando d’hommes armés le 15 octobre 1987.

Après la réouverture de l’enquête judiciaire sur son assassinat, ce projet de mémorial est une étape importante de plus dans le processus de réhabilitation de Sankara entamé depuis la chute de Blaise Compaoré, le 31 octobre 2014. Piloté par un comité de responsables de la société civile burkinabè et soutenu par le gouvernement, il devrait compter un mausolée, un musée, une salle de conférence, une salle de projection, et même un espace sportif. Budget estimé : 5 milliards de francs CFA (7,5 millions d’euros).

« Rester fidèle à l’esprit de Thomas Sankara »

Un chiffre conséquent, que les instigateurs de cet ambitieux projet espèrent atteindre grâce à un financement participatif. « Nous voulons faire de ce mémorial une oeuvre populaire et collective, pour rester fidèle à l’esprit de Thomas Sankara », explique Abdoul Salam Kaboré, ancien ministre de « Thom’ Sank' » et président du comité d’organisation.

Cette initiative est symboliquement parrainée par l’ancien président ghanéen Jerry J. Rawlings, contemporain et ami de Sankara que celui-ci appelait affectueusement le « camarade JJR ». « Notre soutien à ce qu’a fait Thomas Sankara est une obligation morale. Je vous remercie de raviver le feu de la liberté qu’il a allumé », a-t-il lancé sous un tonnerre d’applaudissements.

« La force du baobab demeure dans ses racines ! »

Auparavant, Tahirou Barry, le ministre burkinabè de la Culture, engagé dans ce projet de mémorial au nom des autorités, s’était lui aussi attiré les bruyants vivats du public avec sa métaphore sur l’héritage du capitaine révolutionnaire. « Ceux qui ont tué Sankara ont simplement coupé l’arbre en oubliant les racines. Mais comme nous le savons tous, la force du baobab demeure dans ses racines ! »

Après différents panels consacrés à la pensée politique et à l’héritage de Thomas Sankara, une grande marche populaire était organisée de la Maison du peuple à la mythique place de la Révolution, haut lieu de l’insurrection populaire contre Blaise Compaoré. Après le lancement officiel du mémorial par le comité d’organisation et Jerry J. Rawlings, une série d’artistes devaient défiler sur scène pour un concert géant et gratuit. Sams K le Jah, Smockey, Didier Awadi, ou encore Tiken Jah Fakoly étaient notamment attendus pour clôturer en musique cette journée hommage au père de la révolution burkinabè.

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