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Somalie : imbroglio autour d’une frappe aérienne de l’armée américaine

Par Jeune Afrique avec AFP

Des combattants Shebab dans la région de Mogadiscio le 5 mars 2012. © Stringer/AP/SIPA

La région autoproclamée semi-autonome du Galmudug, en Somalie, accuse la région rivale du Puntland d'avoir dupé les forces américaines pour qu'elles lancent une frappe aérienne dans laquelle 13 de ses soldats ont été tués et sept blessés.

Le flou est encore total autour de l’affaire, qui pourrait faire du bruit. La région du Galmudug, en Somalie, accuse depuis jeudi la région voisine et rivale du Puntland d’avoir induit l’armée américaine en erreur à dessein. Selon les représentants de l’administration de cette région semi-autonome, leurs voisins auraient donné de fausses informations à l’armée américaine sur un groupe armé présent à la frontière entre les deux territoires. Le Puntland aurait affirmé qu’il s’agissait de Shebab, alors qu’il s’agissait de soldats réguliers du Galmudug.

L’armée américaine a donc déclenché une frappe aérienne, tuant 13 soldats et faisant 7 blessés. Les États-Unis ont confirmé qu’une frappe avait bien été lancée près de la ville de Galkayo, située à 575 km au nord de la capitale somalienne Mogadiscio et à cheval sur la frontière entre le Galmudug et le Puntland.

« Pendant une opération de contre-terrorisme menée par les Somaliens pour démanteler un réseau Shebab chargé de placer des engins explosifs improvisés (IED), un groupe de combattants Shebab a lancé une attaque, menaçant la sécurité des troupes somaliennes et de leurs conseillers américains », a annoncé dans un communiqué le commandement militaire américain pour l’Afrique (AFRICOM).

Violents combats entre les milices des deux régions

« Les forces somaliennes ont répliqué en tirant pour se défendre. Les États-Unis ont mené une frappe d’auto-défense pour neutraliser la menace, tuant neuf combattants ennemis », ajoute ce communiqué. Mais les autorités du Galmudug affirment que ce sont leurs soldats qui ont été tués et que les Américains ont été dupés par le Puntland qui les a convaincus de mener cette frappe.

« L’administration de l’État du Galmudug de Somalie est très déçue que le Pentagone ait fait un usage excessif de la force contre les troupes du Galmudug, à partir de fausses informations fournies par un autre État régional somalien », a déclaré jeudi soir le ministre de l’Information du Galmudug, Mohamed Adan Osman. »Nous suspectons l’État du Puntland de Somalie d’avoir délibérément fourni de fausses informations, pour s’assurer que l’attaque ait lieu dans son propre intérêt », a-t-il ajouté.

Il n’était pas possible de déterminer si la frappe, qui selon les autorités du Galmudug a tué 13 de ses hommes, est simplement due à une identification erronée des cibles, ou est liée à l’hostilité qui oppose les deux régions voisines. En décembre 2015, au moins 20 personnes avaient été tuées, 120 blessées et plus de 90 000 avaient pris la fuite après de violents combats entre des milices loyales au Galmudug et au Puntland autour de Galkayo.

Galkayo a été le théâtre de fréquents affrontements entre clans ou groupes rivaux, qui sont toutefois distincts des rebelles islamistes Shebab, liés à Al-Qaïda, qui s’opposent au gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale.

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