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RD Congo : les États-Unis demandent aux familles de leur personnel diplomatique de quitter le pays

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans le cadre de sa tournée africaine de l'été 2016, le secrétaire d'État américain, John Kerry, donne une conférence à Nairobi, au Kenya, le 22 août. © Sayyid Abdul Azim/AP/SIPA

Après les nombreux heurts qui ont éclaté en RD Congo, de Kananga à Kinshasa, le département d'État américain a demandé jeudi aux familles du personnel diplomatique américain de quitter le pays par mesure de sécurité.

Manifestation réprimée dans le sang à Kinshasa, combats entre civils et militaires à Kananga : la République Démocratique du Congo a connu plusieurs vagues de violence depuis le 19 septembre dernier. Suffisant pour que le département d’État américain demande jeudi soir aux familles de son personnel diplomatique de quitter le pays « par mesure de sécurité ». L’administration de Washington estime en effet que « le risque de troubles civils est élevé à Kinshasa et dans d’autres grandes villes » du pays.

Mercredi, le Trésor américain avait décidé de geler d’éventuels avoirs de deux généraux de l’armée et de la police de la RD Congo pour leur rôle dans la répression des « libertés et droits politiques du peuple congolais » et pour les entraves au processus démocratique dans le pays.

La nouvelle explosion de violences à Kinshasa, qui a fait 49 morts selon l’ONU, est liée au report de la présidentielle qui devait se tenir cette année.

« Au bord de la guerre civile »

La Constitution interdit au président congolais Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter à la fin de son mandat le 20 décembre, mais le chef de l’État ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste alors que le scrutin présidentiel apparaît désormais impossible à organiser dans les temps.

Les États-Unis ne sont pas les seuls à exprimer leur inquiétude sur la situation politique en RD Congo, puisque le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, a également déclaré que le pays se trouvait « au bord de la guerre civile », suscitant l’indignation de Kinshasa. Le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende a réagi à ces propos : « Nous ne sommes ni le Soudan du Sud ni La Libye. Avec Lumumba, nous avons déjà payé le prix de l’ingérence. Il y a quelque chose qui se trame contre ce pays. »

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