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Congo-Brazzaville : les ex-combattants Ninjas tuent quatre militaires dans le Pool, selon les autorités

Par Jeune Afrique avec AFP

Frédéric Bitsamou, alias Pasteur Ntumi, en décembre 2008 dans le Pool. © Vincent Fournier/J.A.

En l'espace d'une semaine, les ex-combattants Ninjas, qui soutiennent la cause de Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, ont attaqué l'armée à plusieurs reprises dans le district du Pool, dans le sud du pays. Quatre militaires au moins ont été tués et plusieurs autres blessés, selon des sources militaires et gouvernementales.

Semaine sanglante pour l’armée congolaise, et semaine violente pour les habitants du district du Pool. Au moins quatre militaires ont été tués dans cette région du sud du Congo-Brazzaville et au moins quatre autres ont été blessés au cours de deux attaques distinctes. La première est survenue lundi, dans la localité de Kimbedi : elle a fait deux morts et quatre blessés, d’après le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Thierry Moungalla.

La seconde a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi : « Deux militaires ont été tués alors qu’ils convoyaient une ambulance transportant des malades évacués sur Brazzaville », a déclaré  le capitaine Patrick Okomo, un des responsables des opérations de l’armée dans la région du Pool.

Sources militaires et gouvernementales attribuent ces attaques aux ex-combattants Ninjas, une milice acquise à la cause de Frédéric Bintsamou, aussi connu sous le nom de Pasteur Ntumi. Ces forces armées avaient combattu le gouvernement sous les ordres de ce religieux entre 1998 et 2003, avant de signer un cessez-le-feu.

Mais la situation s’est à nouveau tendue au mois d’avril dernier avec l’attaque des quartiers sud de Brazzaville qui avait suivi la validation du troisième mandat de Denis Sassou Nguesso. À la suite des affrontements qui avaient éclaté dans ces quartiers de la capitale, on dénombrait au moins 17 morts.

« Des atrocités à huis clos »

Aujourd’hui, les tensions restent localisées dans le Pool. Mais le district « est en train de vivre une situation dramatique », s’alarme le colonel Jules Monkala Tchoumou, porte-parole de la police. Pour l’officiel, « les populations locales subissent des atrocités à huis clos ». Outre les victimes dans les rangs de l’armée, plusieurs sites congolais indiquent que les « Cobras », des miliciens proches du pouvoir, auraient également trouvé la mort.

Si la situation reste confuse dans le Pool, une chose est sûre : les affrontements ont poussé une partie de la population à l’exode. Plusieurs villages de l’axe Brazzaville-Kinkala, la préfecture du district, se sont vidés de leurs habitants. Ces derniers ont pris ce qu’ils pouvaient de leurs affaires et ont quitté leurs logements, effrayés par les combats. Le ministère de l’Action humanitaire n’a pour l’instant pas été en mesure d’évaluer le nombre de personnes déplacées.

L’opposition accuse régulièrement le pouvoir de bombarder le Pool, sans qu’aucune information officielle ne filtre sur le sujet. Le député Guy Brice-Parfait Kolelas, arrivé deuxième à la présidentielle du 20 mars, avait demandé une « enquête impartiale » sur ces attaques présumées. La France avait invité les institutions internationales à faire « la lumière » sur la situation dans cette région.

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