Fermer

Mali : quatre députés quittent le RPM, le parti d’Ibrahim Boubacar Keïta

IBK en mai 2014 à Bamako. © Emmanuel Daou Bakary/J.A.

La majorité présidentielle est en train de s'effriter petit à petit. Apres le départ de l’ADP-Maliba de la majorité présidentielle il y a quelques semaines, voilà que quatre députés ont annoncé lundi leur départ du RPM, le parti du président Ibrahim Boubacar Keïta.

« Nous avions rejoint le Rassemblement pour le Mali (RPM) dans l’espoir de changer le quotidien de nos compatriotes et de leur proposer un projet clair et cohérent qui permettrait d’assurer un développement socio-économique durable à notre pays, le Mali. » C’est par cette phrase que quatre députés de l’Assemblée nationale du Mali ont annoncé lundi 26 septembre, dans une lettre au président par intérim du RPM, leur départ du parti d’Ibrahim Boubacar Keïta.

Qui sont les députés en question ? 

Il s’agit du député Kalilou Ouattara, élu en commune III de Bamako, de Soïba Coulibaly, élu à Kati, de Mamadou Doumbia, élu en commune II de Bamako et du député Bakary Diarra, élu à Sikasso. « Malheureusement, trois ans après l’élection du président IBK à la magistrature suprême, le constat est amère », peut-on lire dans cette lettre qui passe en revue l’étendue de la crise malienne : situation au Nord du pays, affrontements intercommunautaires, chômage de jeunes…

Grande Coalition en vue ? 

Pour le moment, les députés démissionnaires ne se sont pas prononcés sur le parti qu’ils comptaient rejoindre. Selon une source au cœur de la tractation, ils pourraient bien rallier l’ADP-Mali. En effet, le mois dernier, le parti de l’homme d’affaires Aliou Diallo, présidé par Amadou Thiam (deuxième vice-président de l’Assemblée nationale) avait annoncé son départ de la majorité présidentielle.

Aliou Diallo qui a créé l’ADP-Mali est également propriétaire de la mine d’Or Wassol’or. Il était l’un de principaux soutiens financiers de la campagne d’IBK en 2013. Selon une source bien introduite, l’ADP-Maliba projette de faire une grande coalition opposée au pouvoir tout en gardant ses distances avec l’opposition dirigée par Soumaïla Cissé, président de l’URD et candidat malheureux au deuxième tour de la présidentielle d’août 2013 face à IBK.

Défections en série

Le 31 août dernier, le député Oumar Mariko, lui aussi ancien soutien d’IBK, s’était rapproché de l’opposant Tiébilé Dramé et président du Parti pour la renaissance nationale (Parena). « Les dirigeants du parti Sadi et du Parena se sont engagés à resserrer dorénavant leurs liens, à tenir des réunions périodiques, à entreprendre des activités communes pour renforcer leur unité d’action et l’unité d’action avec d’autres forces patriotiques », peut-on lire dans leur communiqué conjoint signé à l’issue de leur rencontre.

À mi-mandat, le président Ibrahim Boubacar Keïta ne cesse de subir des défections au sein de la majorité présidentielle. Mais c’est la première fois qu’elles touchent directement des membres de son parti.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici