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L’argent des Africains : Samuel, analyste financier au Togo – 2280 euros par mois

Vue de la ville de Lomé. © Jacques Torregano pour Jeune Afrique

À 29 ans, Samuel est analyste financier au sein d'une institution financière à Lomé. Dans ce nouvel épisode de notre série l'argent des Africains, il nous dévoile en détail ses dépenses mensuelles.

« Le travail est passionnant ! On se concentre beaucoup sur la mise en place de projets qui contribueront au développement de la communauté ; ce n’est pas purement du business », assure le jeune homme d’une voix chaleureuse. « C’est ce que je trouve passionnant dans mon métier », confie Samuel* à propos de son poste de cadre financier dans une institution financière installée dans la capitale togolaise.

Né à Lomé de parents médecins, il nous confie son attirance précoce pour l’univers de la finance. « J’ai été attiré par ce milieu alors que je n’étais encore qu’un enfant. Petit, je trouvais déjà les banquiers très élégants et je voulais en devenir un ! »

Il entame ses études supérieures à Abidjan. En 2005, il intègre une business school à Carthage, en Tunisie, pour une formation en finance.

1 500 000 de francs CFA de salaire, soit 2280 euros par mois

En 2011, il postule auprès d’une institution financière qui l’embauche pour un stage où il est payé 912 euros pendant 12 mois, au bout desquels il décroche un poste d’analyste financier, avec un salaire de 1672 euros par mois. Aujourd’hui, les revenus de Samuel s’élèvent à 2280 euros.

Il est désormais installé avec son épouse et sa fille à vingt minutes de Lomé dans un quartier cosmopolite où plusieurs couches sociales cohabitent. Ils louent une grande villa de quatre chambres, un salon et un garage contre une mensualité de 274 euros. Il consacre jusqu’à 64 euros pour les charges liées à l’électricité, 61 euros pour l’abonnement téléphonique et internet de la maisonnée et 42 euros pour la télévision. Samuel s’offre par ailleurs les services d’une femme de ménage pour 53 euros par mois et d’un chauffeur payé 47 euros.

En outre, il consacre 76 euros à l’achat de bouteilles d’eau minérale. “Notre maison est équipée d’un système de forage qui va chercher l’eau directement dans le sol, je n’ai donc pas de factures d’eau”. Quant à la consommation de gaz et à l’alimentation, cela représente 365 euros. Samuel possède aussi une voiture, dont les pleins d’essence représentent 152 euros chaque mois.

“C’est une voiture qui consomme beaucoup, nous explique le jeune homme. Mais il faut dire que chaque matin, le chauffeur dépose l’enfant à l’école et me conduit au travail, ce qui représente beaucoup de trajets”. Pour le reste, il prévoit environ 45 euros dans son pécule pour les « divers » (imprévus, habillement, achats quelconques…).

Quelques prélèvements et 152 euros pour la famille

En outre, il consacre 441 euros chaque mois au remboursement d’un prêt, ainsi que 152 euros au titre des cotisations pour assurer sa retraite. Parmi ses prélèvements, il faut aussi compter la somme de 45 euros allouée au paiement des communications téléphoniques et au déjeuner sur le lieu de l’entreprise, ainsi que 30 euros qui vont directement sur un compte épargne destiné au financement des études de son fils.

L’analyste possède son propre compte épargne. Il y verse 38 euros chaque mois. “Je ne sais pas encore précisément à quoi cet argent servira… Mais on ne sait jamais”, lance-t-il. Pour l’heure, le jeune homme se consacre à la construction de sa maison à Lomé. Un chantier pour laquelle il a dû prendre un crédit auprès d’une banque de la place, qu’il paie 243 euros chaque mois.

Même s’il vit loin des siens, Samuel tient à être un fils et un frère exemplaire. Il prévoit donc 152 euros pour appuyer sa mère ou l’un de ses frères et sœurs en cas de besoin. Ensemble, la fratrie envisage de construire une maison pour leur mère.

*À sa demande, nous avons modifié son prénom.

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Si vous souhaitez participer à notre série, écrivez nous à argentdesafricains@jeuneafrique.com

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